lundi 21 juillet 2008

Lundi 21 juillet : Vous avez dit superstitieux ?

Une bonne nuit de sommeil pour finir le week-end et bien commencer la semaine et me voici fraiche et dispo en ce lundi matin. Comme j'ai mangé tout mon paquet de céréales hier après-midi, je me contente de tartines à la confiture d'abricot. Pas mal non plus je dois dire! Ce matin, je peux enfin mettre mes Converses de côté et enfiler une paire de chaussures plus légères. Hé oui, je mets mes petites chaussettes magiques et hop !

Je parviens à trouver un taxi dans les cinq minutes. Impeccable. La journée s'annonce bien. Ce matin au boulot, il n'y a pas grand chose à faire pour moi. Je mets donc ce temps à profit et j'apprends des nouveaux mots en chinois. Aujourd'hui : les couleurs. C'est bon, je maitrise. Les couleurs basiques bien sur. Si quelqu'un au bureau me demande de lui passer le pull vert caca d'oie qui se trouve à côté de moi, je pense que je ne verrai pas trop de quoi il s'agit. En revanche, je pense être capable d'identifier le vert, le bleu, le rouge, le violet, le rose...bref


Je profite aussi de ce temps libre pour surfer sur internet et trouver une réponse à ma question :

Pourquoi certains numéros de téléphone sont-ils plus chers que d'autres?

La réponse est simple : parce que les chinois sont superstitieux. Plus il y a de 4 dans le numéro et moins il sera cher car on dit que le 4 porte malheur. A l'inverse, plus il y aura de 8 et plus il sera cher car le 8 porte bonheur ici. C'est la raison pour laquelle les JO débutent le 8/8/8. Cela explique également le fait que la Jin Mao Tower est située au numéro 88 et s’élève sur 88 étages...

J'apprends même qu'un homme d'affaire chinois a dépensé 9 millions de yuans pour un numéro de téléphone portable assez particulier...Effectivement, lorsque l'on prononce en chinois 135 8585 8585, cela donne : "que je sois riche riche riche riche"....


Ce midi, nous allons toutes manger ensemble. On ne change pas les bonnes habitudes.


Emilia m'explique comment vérifier ma consommation de téléphone. Il suffit d’envoyer un sms et la compagnie en renvoie un avec le crédit qu’il reste sur mon compte. Bon, le sms envoyé est en chinois mais je suppose que les deux chiffres au milieu indiquent où en est mon compte 11.41. Cela représente environ 20 minutes de communication. C'est incroyable ce que ce n’est pas cher ! La minute ici coûte 60 centimes de yuans donc 6 centimes d'euros. L'inconvénient, c'est que je doive payer aussi quand je reçois les appels. Mais je crois que je peux faire avec !


Un autre signe de mon intégration de plus en plus approfondie : les bus ont pour moi de moins en moins de secrets. Ils en ont encore je dois l’avouer. Par exemple, combien doit-on payer ? La carte de métro fonctionne-t-elle aussi dans les bus ? Mais voilà, après avoir appris quelle ligne s'arrête près de chez moi, hier j'ai découvert que l'arrêt était en face de mon appartement, caché derrière un arbre très feuillu. Je me dis donc qu'il ne me reste plus qu'à connaitre les horaires. Ha non, même pas. Ici, il n'y a pas d'horaire de bus, donc pas besoin de faire un stock (NDLR : cf. François l'embrouille, le guichet de gare : "1000 horaires de bus?"). Il suffit d'attendre qu'il passe. Au moins, on ne peut pas accuser le chauffeur d'être en retard.


Nous parlons massages ce midi. C'est l'occasion d’évoquer la technique des ventouses. Mathieu l'a fait la semaine dernière, il a 18 traces énormes dans le dos. En fait, on applique des ventouses pendant 10 minutes sur le dos. J'apprends ce midi que cette technique est destinée à aspirer l'humidité, et donc le mal, se trouvant dans le corps. Pour guérir plus rapidement d'un rhume, on peut y avoir recours par exemple... quand la trace est très foncée, c'est que cette partie était plus atteinte que les autres et que la ventouse est parvenue à l'assainir... Mathieu voulait que je le fasse avant de partir mais je reste assez sceptique. Nous verrons bien.


En retournant au bureau, Emilia m’emmène dans le petit centre commercial qui se trouve juste en dessous et nous achetons des jus de fruit frais : Papaye pour elle et ananas-citron pour moi…tout ce qu’il y a de plus rafraichissant, super pour bien commencer l’après-midi. Mais il y a encore mieux : elle me montre ensuite un petit magasin qui vend plein de choses à grignoter. Il y a des gâteaux fourrés avec toutes sortes de choses, des fruits secs, des petits berlingots de gélatine (comme du pudding apparemment). Et dans le rayon « séché », nous avons : de la viande (ça ne m’inspire pas tellement), du poisson et des crevettes (en revanche, je me laisserais bien tenté par ces deux derniers). Ce sera pour une prochaine fois. Là, je choisis les gâteaux et des petites choses dans un sachet super mignon. Emilia me montre aussi un fruit qui est dit être le roi des fruits. Cependant, elle me prévient tout de suite : je suis susceptible de ne pas aimer et de dire que ça pue… Au moins je suis prévenue !






C’est pas le tout mais faut quand même retourner bosser. Nous remontons donc avec nos petits sachets pleins de friandises. Cette après-midi marque un grand pas dans ma carrière de merchandiser : mon téléphone a sonné pour la première fois. Au bout du fil, un fournisseur chinois. Conversation en anglais. Résolution du problème. Sérénité, efficacité ! Je sais que ça va être plus au moins mon quotidien ces deux prochains mois mais la première fois est toujours impressionnante.


18 heures, métro. Je passe au supermarché pour acheter du papier toilette et de la lessive. Pour le moment, l’achat de lessive est l’épreuve la plus dure dans ma vie de consommatrice néochinoise. Pour le coup, je ne comprends rien du tout. C’est peut-être aussi parce qu’en France, je ne saisis pas grand-chose non plus. Finalement, au détour d’un rayon, j’aperçois un logo connu : Ariel. J’ai cru que j’allais embrasser le paquet. Parce qu’il faut dire aussi qu’ici il y a un nombre incroyable d’employés dans les magasins. Et donc, ils n’ont pas d’autre chose à faire que de regarder les gens faire leurs courses. Les deux qui étaient assises dans le rayon ont du bien se marrer en me voyant retourner les paquets dans tous les sens et les tripoter pour voir ce qu’ils pouvaient bien contenir. Ariel : le soulagement total. C’est de la poudre, tant pis. Ca reste de la lessive.


Passons au papier toilette. Les paquets contiennent 20 rouleaux. Je prends ! Je parcours le reste du chemin jusqu’à mon appart, les bras chargés de PQ, la tête haute. Contente d’arriver quand même…


Ce soir, je rejoins les filles au Zapata’s. C’est ladies night, Margarita gratuites…Je ne rentre pas tard. On est lundi quand même ! Skype avec Julien et dodo.

dimanche 20 juillet 2008

Dimanche 20 juillet : A fond, à fond, à fond : le Maglev.

8 heures, le réveil sonne. Aujourd’hui, Lucie s’en va pour Hong Kong. L’aventure « Lucie et Andélis à Shanghai » se termine. Le petit déjeuner ce matin consiste à vider la boite de céréales et à boire tout ce que nous pouvons de jus de fruits et de lait. Nous finissons de ranger l’appartement. Nous retrouvons les t-shirts que nous avons fait sécher hier. Ils sont propres, secs et toujours de la même couleur. Mission réussie !

Le programme, c’est de prendre le taxi jusqu’à Longyang Lu : la station de métro qui fait le lien avec le Maglev. Mais qu’est-ce que le Maglev ? Son nom vient de l’anglais : Magnetic Levitation. C’est un train qui fait la navette entre cette station de métro et l’aéroport de Pudong. Plus précisément, c’est un train à sustentation magnétique qui atteint une vitesse de pointe de 431 km/h. On parcourt ainsi 30,5 Km en 7 minutes et 20 secondes. Il a donc une vitesse moyenne de 245,5 km/h. A Shanghai, il roule depuis 2003.



Nous sommes prêtes à entrer dans l’ère technologique mais les gardiens de l’immeuble de Lucie nous freinent dans notre élan. Voyant que nous avons des bagages, ils veulent à tout prix appeler un taxi pour l’aéroport. Nous expliquons que nous voulons aller à Longyang Lu mais ils ne semblent pas de cet avis. Nous contestons puis nous présumons qu’ils ont une bonne raison de ne pas vouloir nous emmener là-bas. La station est peut-être momentanément fermée par exemple. Nous ne voulons pas prendre de risque de peur de rater l’avion donc nous nous laissons conduire à l’aéroport.

Nous enregistrons la valise énorme de Lucie puis nous attendons un peu. Finalement, nous nous quittons devant le couloir qui mène au Maglev. Lulu s’en va pour Hong Kong, je reste à Shanghai. Il n’y a pas à dire, cette phrase a plutôt la classe !

Je suis bien décidée à aller voir si le train fonctionne aujourd'hui ou pas ! Après une bonne marche, j’atteins enfin les guichets. 40 yuans soit presque 4 euros. Le prix est raisonnable. C’est ouvert. A ce moment, je hais un peu le chauffeur de taxi qui nous a fait tout un foin pour ne pas nous emmener à Longyang lu ! Pour attendre le train, on nous demande de rester en haut. Le quai se trouve à l’étage du dessous. Pendant que nous patientons, je ressens une certaine fébrilité chez tous les futurs passagers de la TTGV (très très grande vitesse). Je ne suis pas la seule à préparer mon appareil photo. Nous entrons finalement dans la navette. Je peux constater un certain étonnement de la part des nouveaux venus sur Shanghai devant la brutalité des chinois qui poussent pour aller s’asseoir en premier. Je joue un peu la fille habituée : « Oui oui, je connais ça ». Je me trouve une place devant la fenêtre. Héhé, nous allons bientôt démarrer ! Au dessus de nos têtes, un compteur affiche l’heure et la vitesse. Une petite musique retentit à l’approche du départ. Je sens très bien que les chinois sont fiers d’accueillir les étrangers avec une telle avancée technologique ! Et ils ont raison.

Nous démarrons. Tout de suite, on prend beaucoup de vitesse. Nous atteignons rapidement les 431 km/h. C’est assez impressionnant ! Je ressens très bien que nous sommes en lévitation. L’appréhension du mouvement n’est pas la même que dans un TGV par exemple. Par la fenêtre défilent les voitures sur l’autoroute, les buildings de Shanghai, les rizières parfois…Puis la vitesse redescend et nous arrivons à Longyang Lu.

Voilà la vidéo que j'ai prise lorsqu'on a atteint les 431 km/h.


Ca, c’est fait ! Je prends ensuite le métro. Dans ma rue, je trouve à manger devant le magasin que j’avais repéré hier. Hé oui, il est déjà presque midi ! Je ne sais pas trop quoi prendre donc je choisis un peu de tout. Je montre sur mon livre les deux mots clé : réaction allergique et cacahuète. Elles me disent « mei you », ce qui signifie qu’il n’y en a pas. Pourquoi ne pas leur faire confiance après tout ? Le repas est délicieux. Et je me rends compte que même chez moi où je dispose de couteaux et de fourchettes, je mange avec les baguettes. Je deviens une vraie chinoise ! Avec des grands pieds, certes, mais les baguettes n’ont presque plus de secret pour moi maintenant. C’est déjà ça.

Cette après-midi, je me repose. Je regarde le zapping. Ca fait du bien de voir ce qu’il se passe en France. En revanche, j’avais encore oublié que Sarko était si…Sarko. A chaque fois, j’ai un choc quand même. Je crois que je ne m’habituerai pas. Pourtant, ici les gens sont globalement petits. Oui je sais, elle est facile celle-là.

Je me couche vers 16 heures, me réveille vers 18. Oui, j’avais vraiment besoin de sommeil. Et je crois que je ne vais pas faire long feu ce soir. Je voulais aller me promener. Tant pis. Ce sera pour une prochaine fois !

Samedi 19 juillet : Les waiguoren aux grands pieds

Après une bonne grasse matinée qui fait du bien et un bon petit déjeuner qui ne fait pas de mal non plus, je passe la matinée dans mon appart. Je range un peu. Je suis toujours impressionnée par ma capacité à mettre sans dessus dessous un espace. Hé bien mon appartement n’a pas échappé à mon art. Cette semaine a été dure pour lui. Je mange quelques Tuc en guise de déjeuner. Je craque aussi et finis le tube de lait concentré que j’avais déjà entamé la semaine dernière. Merci maman d’avoir eu cette idée brillante ! Le lait concentré me suit partout ! Je vais essayer de ne pas commencer l’autre tube ce mois ci, histoire de faire durer le plaisir. Challenge…

J’ai rendez-vous chez Lucie à 13h45. Je fais donc pour la première fois le trajet à pied jusqu’au métro. Je me rends compte aussi que c’est la première fois que je marche de jour dans mon quartier. D’habitude, il fait toujours nuit quand je rentre. Le soir tombe vite ici. Et puis, c’est vrai que généralement, je rentre tard. Tout est différent quand le soleil brille : je repère des magasins que je n’avais encore jamais vus. Comme je passe à l’heure du déjeuner, je peux voir de nombreux étalages devant certains commerces qui proposent des plats tout faits pour le midi. Intéressant, il faudra que je tente ça.


J’arrive chez Lucie avec du retard. Le métro a mis beaucoup de temps à arriver. En l’attendant, j’ai un peu observé les gens autour de moi. Résumé de ma petite réflexion interne : plus il y a de monde et plus il y a de chances de tomber sur des gens un peu spéciaux…Par exemple : à ma droite, un mec qui danse tout seul, qui fait semblant de donner des coups de poings dans le vide et exulte lorsque le métro arrive. A ma gauche : un couple de jeunes chinois. Elle se maquille pendant cinq minutes puis lui la prend en photo sous tous les angles. N’étant apparemment pas satisfaite, elle continue de se prendre en photo toute seule en exécutant toutes sortes de poses… Ha, la variété humaine !


J’arrive enfin chez Lucie. Nous lançons une machine de t-shirts avant de partir… Mon plan « squattage de machine à laver » commence aujourd’hui. Tout ceci me rappelle les bonnes prises de tête à Munich pour savoir quel t-shirt était susceptible de bien s’entendre avec quel autre pendant le nettoyage… Niveau couleurs, je maitrise à peu près mais niveau matières…mes connaissances sont encore assez limitées… J’espère qu’il n’y aura pas de mauvaise surprise. Enfin, j’évite déjà un éventuel drame : Lucie qui veut mettre des t-shirts noirs qu’elle n’a jamais lavés avant avec les autres (bleus, violets…) Aie.


Nous descendons pour chercher une carte Sim en bas de chez elle. La sienne a couté 60 Yuan. Je m’attends donc à ce prix. Mais le vendeur me demande de choisir un numéro. Je choisis. 120 Yuans. Pourquoi cette différence de prix ? A cause des chiffres qui composent le numéro. Ici, tous les numéros de téléphone de coûtent pas le même prix. Cela va de 50 à 120 Yuans… Hé bien, je repasserai donc. Ce n’est pas encore aujourd'hui que j’aurai un téléphone.


Comme Lucie n’a pas non plus beaucoup mangé, nous finissons ses placards et nous cuisinons un bon petit plat à base de pates (bien sur), de fromage et de petits champignons.


Nous prenons ensuite un taxi pour aller chercher nos fameuses robes sur mesure. Nous sommes très impatientes de voir ce qu’elles vont donner : chiffons sans forme ou petites robes impeccablement taillées ? Nous retrouvons notre petit tailleur dans le marché aux tissus. Il semble nous reconnaitre et nous donne nos deux robes. Suspense. Nous les essayons au dessus de nos vêtements. Elles ont l’air géniales. Deux robes uniques pour deux filles uniques ! Oui oui, à ce moment, nous nous prenons pour deux princesses.




En sortant, nous voulons reprendre un taxi mais à cette heure-ci, cela semble être une opération compliquée, surtout qu’il commence à pleuvoir. Sur la route, un bus de chinois s’arrête à côté de nous. Comme d’habitude, ils nous observent. Nous les saluons donc d’un large geste et d’un grand sourire. En 5 secondes, ils sont tous tournés dans notre direction et nous fixent comme jamais, nous faisant signe à leur tour. Au bout d’un bon quart d’heure et d’un peu de marche, nous finissons par monter dans un taxi. Nous n’avons pas l’adresse en caractères chinois donc je me concentre sur la prononciation. Et comme pas magie, le chauffeur comprend. Il nous emmène quasiment où nous voulons. Il nous faut juste marcher un peu (toujours sous la pluie) pour atteindre le Grand Gateway. Je veux montrer ça à Lucie avant qu’elle s’en aille. Comme moi, elle subit un choc en entrant dans le centre commercial !


Nous devons retrouver Caroline, une collègue de bureau de Lucie à People Square. Nous en profitons pour faire les boutiques du métro. Il ya plein de magasins dans les galeries. Je me trouverai peut-être des chaussures. Oui, effectivement, des chaussures super mignonnes, pas chères. Parfaites quoi…A un petit détail près : quand je demande la pointure 39, les vendeuses éclatent de rire. Ben oui, pour des nanas qui se sont bandées les pieds pendant des générations, la taille moyenne est à peu près le 37. Et ça ne monte jamais au dessus du 38. Donc, le 39 et le 40, elles n’en ont jamais entendu parler… Enfin bon, ce n’est quand même pas la peine de se marrer et d’aller raconter ça à toutes les vendeuses du magasin qui nous regardent en explosant de rire… Il faudrait que je trouve tout de même des chaussures pour aller avec ma nouvelle robe !


Nous retrouvons Caroline et nous allons manger dans un restaurant japonais, où le cuisinier prépare les plats que nous commandons juste devant nous. Nous allons ensuite boire un verre au Barbarossa. Caroline nous explique qu’ici les filles sont très mal considérées si elles fument dans la rue ou si elles embrassent un garçon pendant une soirée par exemple. Elle nous dit aussi que les chinoises sont très attirées par les occidentaux. Oui, ils ont plus d’argent. C’est pour cette raison que les deux allemands assis à la table derrière nous se prennent pour les rois du monde entourés d’une demie douzaine de chinoises riant dans tous les sens, se recoiffant toutes les trente secondes et se dandinant dès qu’ils racontent quelque chose.


Je demande à Caroline comment nous sommes considérés ici. Elle me répond que les chinois nous appellent les « Waiguoren » ce qui signifie : les étrangers. Sympa… Elle nous apprend aussi qu’ici chaque prénom veut dire quelque chose. Par exemple, son prénom chinois (Lewen) veut dire : « celle qui aime la littérature ». Elle a été obligée de choisir un prénom occidental pour son boulot. Je trouve ça bizarre. A moi, on ne m’a pas demandé de me prendre un prénom chinois !


Nous rentrons vers 21h30 en taxi toujours. Aujourd’hui, nous avons eu des goûts de luxe ! Nous repassons chez moi pour prendre mes affaires pour la nuit. Je me rends compte que le bus que j’ai tant cherché cette semaine s’arrête juste en face de mon appart. Voilà pour la bonne nouvelle de la soirée. Il ne reste plus qu’à savoir où il va précisément et le tour est joué ! Nous remontons encore dans un taxi direction chez Lucie. Il fait dire que le métro s’arrête très tôt ici : à partir de 22h30, la plupart des lignes sont fermées.


J’étais supposée aider Lucie à ranger son appartement mais je m’endors sur le canapé et me réveille une heure après. Pas classe du tout. Je l’aide à faire la vaisselle et comme elle a pitié de moi, elle me dit d’aller me coucher…

vendredi 18 juillet 2008

Vendredi 18 juillet : Allez allez !

Réveil, petit déjeuner et tout le tralala… Je me dépêche pour arriver la première aux taxis. Alors que je tourne dans la rue magique, je vois au loin mon ennemi du quart d’heure du matin. Je presse le pas, et comme si de rien n’était je me poste sur le trottoir, le regard tourné vers les voitures qui arrivent. Puis innocemment, je balance un « Goog morning » en me retournant un peu… Il est un peu dégouté. Dégouté mais fair-play car il m’indique qu’un taxi s’est arrêté un peu plus loin. « Run » me dit-il. Oui oui, j’y vais...

Je commence à bien connaitre la route de chez moi au bureau maintenant. Hier soir, j’ai repéré un arrêt du bus numéro 42. Je vais peut-être prendre le bus. C’est moins cher. En même temps, le prix de mon taxi le matin, c’est un peu moins qu’un ticket de métro à Paris. Je crois que je vais pouvoir me payer ce luxe. Au moins, je peux me réveiller plus tard et puis comme ça je n’arrive pas toute transpirante au boulot. Ce qui est plutôt agréable je dois dire !


Ce matin, je regarde mes mails, aide Ada sur quelques échantillons puis mon téléphone sonne : « Conference call » est écrit sur le cadran. En même temps, je perçois une agitation dans le bureau. « Vite Andélis, on a une réunion » me disent les filles. Heu oui, vite, je veux bien. Une réunion au téléphone ? Non, le téléphone, c’était juste un rappel. Nous nous dirigeons toutes vers la grande salle. Elles emmènent avec elles de nombreuses provisions : à manger, à boire… Je n’ai eu le temps de rien prendre. Bon, ce n’est pas grave, je me dis que ça ne va pas durer trois heures. Non, j’avais raison : pas trois…Deux heures et demie. Deux heures et demie d’explication d’un logiciel. J’ai appris quelques petites choses sur l’organisation de l’entreprise et je me suis rendue compte de l’utilité éventuelle de mes cours de SI (Système d’information)…


Nous sortons de la salle totalement affamées, nous ruons sur nos sacs à mains. Maintenant, au lieu de dire « go, go, go », les filles disent « Allez, allez, allez ». Nous retournons dans le restaurant qui propose des plats de la région du Hunan. Sur le chemin, je discute avec Emilia et lui demande où je peux nettoyer mes vêtements. Oui, ça va faire quinze jours que je suis ici. C’est le prochain défi que je dois relever. Ceci semble être un problème ici : les laveries sont assez chères. Je vais devoir me mettre à laver à la main. Autre possibilité : le squattage de machine à laver… Bon, je ne suis pas à cours de solutions mais c’est vrai que ce ne sont pas les plus simples. L’une suppose que je me fasse des petites soirées à laver mes fringues dans ma salle de bain et l’autre sous entend que je doive balader mon linge sale pour aller chez des potes… on va dire que ça fait aussi partie de l’aventure !


Cette après-midi, je ressens assez fortement la fatigue accumulée de la semaine. Vivement le week-end ! Je me trouve également confrontée à un nouveau problème : la faim. Je crève de faim. Pourtant j’ai pas mal mangé ce midi. A vrai dire, je mange de plus en plus tous les midis. Nous nous amusons à compter nos bols de riz…les morfales ! Pourtant, c’est le vide qui règne dans mon estomac. Ok, je dois faire quelque chose : petite mission dans la cuisine. Il doit bien avoir quelque chose à manger ! Hé oui, « Eurêka » s’exclama-t-elle en tombant sur un gros paquet de biscuits. Chacun a droit à ses petites victoires. Délicieux ces biscuits. Ca va un peu mieux. Je retourne à mon bureau. Ha non, toujours faim. Les gâteaux m’appellent. Me voilà dans la cuisine à nouveau. Ensuite, c’est un peu la honte : la même fille m’a croisé lors de mes deux missions coupe-faim. Elle me dit « Are you hungry? You should eat more at lunch ». Oui oui, j’essaierai. Mais le problème, c’est qu’en sortant de table, je me sens rassasiée. Une chose à la quelle il faudra que je m’habitue : manger beaucoup aux repas.


A 18 heures, finie la semaine, bonjour le week-end. Je vais à Zhongshan Park pour retirer de l’argent. En revenant, je me trompe de sens dans le métro. Faut dire que je n’ai pas de plan et qu’ils ne sont que très rarement affichés à l’intérieur des stations. Donc, c’était un peu une chance sur deux et comme je n’ai pas de chance… Un petit tour en métro, visite de la gare de Shanghai. Il y a plein de petites boutiques qui vendent tout et rien. Il faudra que je revienne un de ces jours.


Lorsque je m’engage dans le portique pour passer ma carte de métro, un flic passe un bip sur mon sac, sans me regarder ni rien. Il fait ça à tout le monde apparemment. Les gens ont l’air de trouver ça normal. Personne ne se pose de question. J’avoue que je m’en pose un peu mais cela reste un questionnement interne…Je ne me sens pas de m’opposer ouvertement à cet homme.


Arrivée chez moi, je suis exténuée. Je veux prendre le taxi pour retrouver Lucie et aller manger. Comme ce n’est pas loin du tout, le premier taxi ne comprend pas, me dit que c’est compliqué parce qu’il soit faire demi-tour. Et là, attention : ma première discussion en chinois ! Je lui dis que je sais, que je suis fatiguée. Comme il ne démarre toujours pas, je lui demande s’il veut me déposer ou pas. Il me dit non. Je m’en vais en claquant la porte et en l’insultant de connard. Oui, instant de faiblesse et de lâcheté parce que je savais très bien qu’il ne comprendrait pas mais leur côté buté m’énerve tellement ! Je prends le prochain qui me refait le même coup, sauf que je lui dis que je sais très bien que ce n’est pas loin, que je suis prête à payer, que je suis fatiguée… En même temps, pour un euro…je crois que ça va aller.



Je retrouve Lulu et nous mangeons dans un petit restaurant japonais assez stylé. Elle sort ce soir. Moi, je retrouve mon appart et surtout mon lit. Une bonne nuit de sommeil ne va pas me faire de mal !

Jeudi 17 juillet : Grand Gateway

Je commence à avoir mes petites habitudes du matin. Du coup j'ai l'impression d'aller un peu plus vite chaque jour pour me préparer, mais non... Je sors de mon appart à 8h33 tous les matins... La ponctualité. C'est mon côté Ordnung et bordélique à la fois : tous les jours a la même heure mais pourquoi 8h33?

Je retrouve un des deux gars que j'ai vus hier en attendant le taxi. La différence aujourd’hui : j'arrive la première. Héhé !

Je ne sais pas par où la chauffeur (euse) passe mais je paye un peu plus cher que d'habitude. J'hésite à dire quelque chose, mais quoi? C’est à ce moment que je me dis qu’au lieu d’apprendre tous les noms d’aliments, j’aurai peut être du apprendre à négocier…Et puis non, je ne fais pas partie de ces gens qui viennent ici et qui ne savent que dire « C’est trop cher » et « Ne me prends pas pour un touriste, je connais le vrai prix »… J’assume, tant pis pour les trois yuans.

Arrivée au boulot, je me prépare psychologiquement à me réinvestir de ma mission écologique. Mais c'est aujourd'hui que le (vrai) travail commence pour moi, Au programme : les échantillons de lunettes de soleil qui sont arrivés ce matin. Je dois les trier, mettre à jour la base de données et préparer l'envoi pour les acheteurs en Europe. Au boulot, au boulot.

Ce midi, nous allons manger dans le petit resto qui se trouve derrière le bureau. Comme d'habitude, c'est un régal. Que des bons petits plats. Dans ce resto, chacun a devant soi un petit bol de riz, choisit les plats qui tournent sur un plateau au centre de la table et pose un peu de chaque recette dans son bol. Si bien qu'une fois le bol quasiment terminé, toutes les saveurs se mélangent avec le riz. Hao shi ! Seul petit hic : le riz étant imbibé de sauce, il ne colle plus et donc ce n'est pas ce qu'il y a de plus évident avec les baguettes. J'ai encore des lacunes, j'en suis parfaitement consciente !

De retour au bureau, j'achève le dossier "lunettes de soleil" et puis je vide quelques classeurs aussi.

Après le boulot, je dois aller acheter une carte Sim. Ha oui, j'ai oublié de dire que la journée d'hier a été marquée par la perte d'un avantage social majeur : ma carte Sim. Je ne sais pas pourquoi on me l'a reprise mais on me l'a bien reprise. En soi, ce n'est pas très grave, vu le prix que ca coûte. Mais c'est surtout embêtant de ne plus avoir de portable. Surtout que c'était un peu le téléphone rouge en cas d'arrivée (tant attendue) d'un petit chauve chez les Florent. C'est aussi rassurant de pouvoir se dire que si jamais une cacahuète s'immisce dans ma nourriture, je peux appeler le 120 et expliquer en chinois que je m'étouffe... Hum, pas si rassurant que ca finalement.

Où trouver cette carte Sim? Emilia m'a bien tout expliqué : je sors à la station de métro qui précède la mienne : Xujiahui sur la ligne 1. Sortie 12 direction Grand Gateway.


Comme pour Zhongshan Park, le métro arrive directement dans le centre commercial Grand Gateway. Lorsque je parviens au rez-de-chaussée, je ne peux que sortir mon appareil pour prendre des photos. Les images parlent d'elles-mêmes...Quoique, j'ai toujours des soucis ici pour prendre des photos car tout est tellement gigantesque que ça ne rend jamais comme je voudrais que ça rende. Les gens me prennent un peu pour une folle en me voyant mitrailler. Je me souviens alors d'un chinois Gare du Nord qui prenait en photo le panneau des départs... Je m'étais dit qu'il y avait vraiment des gens qui font pitié. Voilà exactement ce que je peux lire dans les yeux des chinois qui m'observent…


Au sixième étage, je trouve effectivement le magasin China Telecom mais il a l'air tout ce qu'il y a de plus fermé. Enfin, je ne comprends aucun des panneaux disposés autour des guichets mais je peux imaginer ce qu'ils veulent dire...Ca doit donner un truc du genre : fermeture pour cause de travaux, nous nous excusons pour la gêne occasionnée. Bon ensuite, il y a certainement des informations importantes du style : la date de réouverture, quel est le magasin China Telecom le plus proche... Mais tout ceci restera inconnu pour moi... En guise de consolation, je me promène un peu. L’architecture du bâtiment est magnifique et les magasins très nombreux. Juste une petite balade innocente. Je ne suis pas tentée par le shopping. De toute façon, ici, c’est plus cher qu’en France donc ça ne vaut pas le coup. Enfin, je dis ça mais je sais très bien que je vais craquer avant la fin !


Il n’y a rien de plus énervant que le métro aux heures de pointe. A chaque station, deux équipes se forment de part et d’autre de la porte : les entrants et les sortants…Qui gagnera la manche ? Le suspens monte à chaque fois car les portes ne s’ouvrent pas immédiatement. Quelques secondes, juste le temps pour les concurrents de se rapprocher des ennemis au maximum. Des regards noirs sont jetés. Les portes s’ouvrent enfin. Ouvrez la cage, lâchez les tigres…

Aujourd’hui, je décide d’oublier les règles de bienséance occidentale et me rue dans la foule. Résultat de l’opération « bourrin » : une dame s’est explosé la tête sur mon épaule, mon sac a failli rendre l’âme et mon pied a été rudement écrasé mais ici, personne n’y prête attention, pas mal la dame à qui j’ai refait le portrait.


Sur le chemin de mon appart, je m'arrête dans le premier petit supermarché pour faire quelques achats. Erreur de débutante ! Pourquoi le premier? Pour marcher plus longtemps? Pour avoir plus chaud? Pour transpirer le plus possible? Surtout qu'ils ne donnent pas de sachets en plastique donc j'ai vraiment galéré pour ramener mes courses. Courses d'une incohérence totale d'ailleurs : un paquet de ce qui ressemble a des mikados, du lait, un yaourt, trois pêches. Juste en passant : j'en ai eu pour 2.50 euros...Ca fait rêver !

C'est donc les bras chargés que j'ai parcouru le reste du trajet jusque chez moi. Je n'ai pas voulu mettre des trucs dans mon sac à main, me souvenant de l'incident des pates dans le métro. Je ne me fie pas trop aux emballages chinois...


En tous cas ici, mieux vaut aller au resto. Parce que dans leurs supermarché, ils vendent plein de choses mais il faut cuisiner soit même... Ce n'est pas avec mon micro ondes que je vais faire des miracles... Sauf si je trouve des petits plats à réchauffer.

Je passe deux heures chez moi puis je retrouve Emilie et Mathieu au Zapata's. Sur la route, je croise Marie-Astrid. La grande classe : rencontrer quelqu'un qu'on connait a Shanghai. Nous nous retrouvons donc dans la soirée et nous passons un moment agréable. Chose qui m’impressionnait au début : des policiers surveillent l’intérieur des bars. Il n’est donc pas rare de se trouver nez à nez avec un flic en service entre la piste de dance et le bar… Il suffit d’être au courant ! Maintenant je ne m’étonne plus mais bon, je vois bien dans quel pays je suis.

Je ne rentre pas tard pour cause de communication en direct live avec Casablanca.


Erratum : Ce midi, nous avons re-parlé du soleil et des effets qu’il a sur notre corps. En fait, TOUS les asiatiques veulent garder la peau blanche, à Shanghai, à Hong Kong, à Pékin, bref dans toute l’Asie. C’est pour cette raison que l’on trouve ici le plus de produits de beauté destinés à pâlir le teint.

jeudi 17 juillet 2008

Mercredi 16 juillet : Madame-développement-durable agit !

Ce matin, je me réveille de bonne humeur. J’ai dormi d’un trait. Ce qui veut dire que je me sens définitivement bien à Shanghai ! Je suis joviale car impatiente de voir si mon coin à taxi est un bon plan ou pas… Je retrouve mes Coco Pops pour le petit déjeuner. Arrivée en bas, je me dirige directement vers l’endroit magique, où les taxis sont attirés, comme aimantés. Mais ce n’est pas top ce matin. Un occidental attend déjà et me fais bien comprendre que le prochain, c’est pour lui… Ok, de toute façon, je ne vais pas me mettre à courir au milieu de la route et me jeter sur le pare brise du premier taxi venu. Lorsque le sien vient, soulagé, il me demande où je vais, peut-être qu’on peut partager. Mais non, je vais vers le sud, il va vers le nord. Derrière moi arrive un autre occidental et rebelote. On discute un peu. Il me dit qu’il a repéré ce coin aussi. Comme quoi…


Hier soir avant de me coucher, j’ai pris une bonne résolution pour le boulot. Si pour le moment, je n’ai pas grand-chose à faire, je vais prendre des initiatives et demander si je peux aider en quelque chose. C’est donc ce que je fais ce matin à la première heure. Je vois Annie et Ada trimballer des gros classeurs vers un bureau du fond, je pose alors la question : « Can I help you ? ». « Yes » me répondent-elles presqu’en chœur. Super, mon plan qui marche tout de suite, je n’en espérais pas tant. Voici l’explication de la tâche qui risque de m’occuper une bonne partie de la journée, voire de la semaine qui arrive : ma boite étant une entreprise responsable, le recyclage du papier fait forcément partie de son quotidien. Il faut donc que je vide tous les classeurs des saisons précédentes pour récupérer le papier. Cela suppose d’enlever les feuilles des pochettes plastifiées, de les désagrafer et de faire un trait sur la partie écrite. Et tout ça pour au moins une trentaine de classeurs… Et pendant que je fais tout ça, je réfléchi : c’est bien gentil de tenir des grands discours du genre : « Oui, on consomme trop de papier. A ce rythme là, dans 6 mois, il n’y aura plus de forêt sur la terre. Si seulement les entreprises pouvaient se sentir un peu plus concernées ». Je ne critique pas ces jolis propos, je les tiens bien assez souvent.

D’accord mais ça se concrétise comment ? En pratique, c’est le recyclage du papier. Il n’y a pas le choix, il faut donc se taper la montagne de dossiers. J’avoue que je me suis tout de même demandé à un moment si j’avais été punie pour quelque chose…Je n’ai jamais autant haï les agrafes ! Mais voilà, Madame-développement-durable ne peut pas refuser de trier quelques feuilles !

Le midi, nous allons manger dans un resto qui sert la cuisine de la province du Hunan. Spécialités : viandes fumée, canard. Comme d’habitude, c’est délicieux. A chaque bouchée, je suis victime d’un choc gustatif. Je suis une fois de plus entourée de mes collègues de bureau qui papotent, qui papotent…


Cette après-midi, je continue de sauver la planète. Oui, c’est toujours plus valorisant de le voir de cette façon.


A 18 heures, je fais le trajet boulot-appart pour la première fois en métro. Je me sens vraiment chez moi ici. Je commence à avoir mes petites habitudes. Sur la route, j’ai mes repères : je passe d’abord devant les bars et boites, ensuite je tourne, je marche un certain temps sur la jiango lu… Aujourd’hui, il est 18h30 quand je passe devant le grand bâtiment gardé par deux policiers. Et à 18h30…c’est la relève, digne de Buckingham Palace mais ici, personne ne regarde. Enfin si, moi aujourd’hui. Je ne peux réprimer un petit sourire, et eux non plus d’ailleurs.

Ensuite, je passe devant le premier petit supermarché, le deuxième, le troisième, et je suis chez moi. Je ne fais pas des kilomètres, c’est juste qu’il y a un supermarché à chaque coin de rue ici ! Pratique ! Demain, j’irai faire quelques courses.

Je me pose un peu chez moi puis Lucie arrive. Ce soir, c’est Ladies Night près de People Square. Mais d’abord, nous allons chercher notre robe au marché aux tissus. Nous prenons le taxi qui nous arrête juste devant, pile poil. Sauf que c’est fermé. Hé oui, ça ferme à 18 heures. Le seul établissement de Shanghai qui suit les heures françaises et forcément, nous avons choisi celui là ! Nous décidons donc de nous promener un peu. Pour joindre l’utile à l’agréable, nous essayons de nous diriger vers People Square. Nous passons par le marché que nous avions vu dimanche. De nuit, c’est superbe :



Halte dans un petit magasin où je me trouve des chaussettes basses, taille unique et donc petites ici. Nous sommes en Chine, ne l’oublions pas ! C’est incroyable le nombre d’article Hello Kitty qu’il y a partout. Il y a même un Hello Kitty Store et une comédie musicale entièrement dédiée au chaton en peluche. J’en connais une qui adorerait !

Prise de conscience vers 20h30 : nous ne savons pas où nous allons. Heureusement que nous tombons sur un plan tout en chinois. Cela nous donne l’occasion de faire semblant de comprendre et nous repartons tout droit… Finalement, Lucie me décide à prendre un taxi. Il est 20h55 et nous avons rendez-vous à 21 heures sortie 11 de la station de métro People Square.

Un taxi nous prend. Nous n’avons pas l’adresse en chinois mais comme nous allons au centre du centre de Shanghai, nous supposons que ça passera…Hé bien pas du tout. Il ne comprend rien. On a beau lui prononcer en anglais, en tentative de chinois, lui montrer sur un plan de métro, lui écrire sur mon portable, lui dire ce qu’il y a sur cette place…ses yeux restent vide, sans expression…

C’est le côté énervant de Shanghai : les gens sont tellement butés que lorsqu’ils voient de l’anglais sur un plan, ils ne prennent même pas la peine de regarder s’ils peuvent quand même se repérer. Parce que répétons le, un plan reste un plan. Les rues ne bougent pas ! Bref, il nous dit finalement qu’il a compris puis nous nous rendons compte au bout de dix minutes qu’il n’a rien capté du tout : il nous emmène sur un grand périphérique, d’où nous voyons People Square au loin. C’est comme ça, qu’il a enfin vu où on voulait aller. Inutile de dire qu’on était bien en retard surtout que les sorties du métro sont indiquées quand on est DANS le métro mais pas dehors…une galère de plus mais au final, j’en retiens de bons fous rire !

Avec une demi-heure de retard, nous arrivons au Barbarossa. Cadre fantastique. Ce bar lounge se situe dans People’s Park. Il faut passer sur l’un des ponts qui enjambent une petite rivière pour arriver devant le bâtiment.

Des petites bougies sont disposées le long des escaliers qui mènent au deuxième étage, là où des verres sont servis gratuitement pour les filles. La grande classe !

Nous passons une soirée sympathique. Finalement, nous nous rendons compte que nous habitons tous dans le même quartier. Mais prenons un taxi ensemble alors ! Nous sommes cinq, pas de soucis, on fait comme si de rien n’était, ça passe…

Comme je n’ai pas mon adresse, je rentre à pieds de la station Hengshan lu.

Skype avec Julien, douche, dodo !

mercredi 16 juillet 2008

Mardi 15 Juillet : Une minute de silence pour la chaussure de Lucie…

Debout à 8 heures, au taquet. Petit déjeuner à base de Coco Pops chinois. Ils ont le même goût que les français. Seule différence : on ne comprend pas l’emballage, c’est tout. Pour rassurer les inquiets, il y a la composition en français, j’ai pu donc bien m’assurer que je ne décèderai pas en les mangeant.

C’est parti pour la chasse aux taxis. Je reste fidèle à ma moyenne : vingt minutes. Le problème, c’est que je les trouve de plus en plus longues ces vingt minutes. Surtout que je me fais observer par tous les chinois qui passent. Finalement, aujourd’hui, j’ai peut être trouvé de quoi rentabiliser mon temps pour les autres jours. Je repère effectivement un endroit où un bon nombre de taxis s’arrête pour déposer des gens. C’est un peu plus loin dans la rue mais ça peut valoir le coup. Du moins pour aujourd’hui, ça a marché. A voir demain…

Arrivée au bureau, je sens que je vais me rendormir. Il faut faire quelque chose. Je vais donc gouter les bonbons-thé qu’Ada m’a donnés hier. Je fais fondre ça dans de l’eau chaude et j’obtiens quelque chose qui ressemble à du thé. Ce n’est pas mauvais du tout et ça me réveille un peu.

J’occupe cette matinée à lire des documents sur le packaging des accessoires, sur les étiquettes de prix…etc.

Ce midi est un peu folklorique. Je me retrouve entourée de huit collègues (chinoises bien sûr) un peu surexcitées, qui parlent toutes en même temps…en chinois. Je rie beaucoup même si je ne comprends pas. Je ne sais pas d’où je sortais le cliché des chinois sans expression sur le visage, qui parlaient doucement, tous timides… En tous cas, ce midi là a effacé tout ce que je pouvais avoir en tête à ce sujet !

C’est aussi l’occasion pour moi de voir pour la première fois un plat cuisiné avec des cacahuètes. Je l’évite précautionneusement. Je parfais encore mon éducation culinaire et j’apprends que tous les aliments noirs (champignons, algues) sont bons pour les cheveux… Les filles, il faut passer du côté obscur de l’alimentation.

Je passe l’après-midi à mettre en pratique ce que j’ai appris la semaine dernière. Avec Ada, on envoie des échantillons en Allemagne. Mardi, c’est le jour des colis !

Je retrouve Lucie chez elle pour manger un bout. Nous ne prévoyons pas de sortir ce soir. Une petite soirée tranquille dans nos appartements respectifs ne peut pas nous faire de mal ! Lucie me raconte un épisode de sa journée. Assez mémorable, je dois l’avouer. Comme je l’ai expliqué à de nombreuses reprises dans ce blog : ici, le métro, c’est la jungle, la loi du plus fort. Hé bien, aujourd’hui, Lucie a été faible…ou si ce n’est elle, sa chaussure au moins… Une femme l’a poussée violemment. Elle a donc essayé de ne pas tomber et dans cet effort surhumain, dit-elle, elle a laissé tomber sa chaussure entre le quai et le métro… Elle est donc rentrée pieds nus. Les chinois la regardaient peut-être un peu plus que d’habitude…

Après des bonnes pates comme nous savons bien les faire, nous regardons quelques photos et les films que nous avons pris ici. Puis je rentre chez moi. Cette semaine étant placée sous le signe du gain d’autonomie, je prends le métro, mon plan sous le bras et les noms de rues en tête. J’écris en direct live de mon appartement, donc rien ne m’est arrivé, j’ai trouvé ma route. Je suis grande !

Mon quartier a l’air plutôt sympathique. Au début de ma balade, je suis passée dans la partie des boites de nuit et des bars qui n’est pas loin du tout… Puis ce sont des petits commerces en tous genres qui occupent les rues. Les familles propriétaires des magasins sont dans la rue avec leurs enfants, profitant des seuls instants frais de la journée. Je repère quelques petits étals où j’irai certainement faire mes courses. Il y a notamment un magasin qui a l’air de vendre de l’encens. Toujours bien pour se mettre au parfum chinois jusque chez soi !