mardi 26 août 2008

Dimanche 24 Août : Suzhou Part II. Bon anniversaire p’tit frère!

"Il y a le paradis au ciel. Et sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou."

上有天堂,下有苏杭

shàng yǒu tiāntáng, xià yǒu sū háng



Ce matin, lorsque je me réveille, les chinois sont partis. Mais deux américains sont arrivés pendant la nuit. Plutôt bien foutus d'ailleurs... Vraiment sympa les auberges jeunesses. Enfin je dis ça, je dis rien hein.


Arnaud qui a l'air d'avoir passé une nuit assez mouvementée veut encore dormir un peu. Je me lève et vais bouquiner dans la salle commune. Je prends un petit déjeuner dit anglais : toast à la confiture de pomme, bacon, œuf, banane. Parfait pour bien commencer la journée. J'ai vraiment l'impression d'être en vacances. Et puis, ce n'est pas qu'une impression en fait, si? Je ne sais pas trop. L'essentiel c'est que je sois bien, zen, cooool.


A la télé, la rediffusion de l'épreuve des sauts acrobatiques de 10 mètres à partir d'un plongeoir. Oui, je ne connais pas le nom exact de ce sport. Il n'empêche que je suis impressionnée. C'est incroyable.


Je suis complètement scotchée à la télé lorsqu’Arnaud arrive. Nous nous décidons enfin à bouger pour aller au centre de la ville historique et s'imprégner de l'ambiance de Suzhou. Mais nous nous trompons de direction. Nous réussissons à trouver un bus qui va où nous voulons. C'est parti pour une traversée sportive de la ville. Nous essayons de suivre notre progression sur le plan mais c'est très laborieux. Finalement nous sortons au hasard et nous marchons.


Nous tombons sur un magasin de faux DVD. Et voilà, moi qui avait dit que je ramènerai rien de faux, je me laisse tenter. Bon, je n'en n’achète que trois. Ils seront facilement dissimulables dans la valise. Nous restons un bon bout de temps dans ce paradis cinématographique.


Nous passons une bonne partie de la fin de matinée et du début d'après-midi à marcher. Mes impressions? Pas super en fait. J'espère que le paradis ne ressemble pas à ça parce que sinon, il faut prévoir beaucoup de déodorant, des mouchoirs à cause de la poussière, de la bombe anti moustiques (je me suis faite dévorer cette nuit)...


Nous passons devant un restaurant qui semble proposer des espèces de grandes crevettes. Elles sont là, vivantes dans un bac sur le trottoir.



Puis, la Chine étant le pays du faux (on peut même trouver des faux X5 de BMW…), nous tombons sur un faux Starbucks. Mais pas de cheese-cake dans celui là. Pâle imitation…



Je voulais à tout prix acheter des vêtements en soie. Je dois dire que je suis un peu déçue en entrant dans les différentes boutiques de Shi Quan Lu. Il y en a de trois sortes : les magasins spécialisés dans la soie, ceux qui ne font que les produits occidentaux, et bien sûr les commerces de faux. Toujours les faux. Qui dit touristes dit faux. Je ne trouve pas mon bonheur. Peut être aussi parce que je ne connais pas les bonnes adresses. Mais nous sommes tout de même entrés dans quasiment tous les magasins de la rue.


Vers 16 heures, nous nous arrêtons dans une sorte de restaurant italien. Je dis « une sorte de » car les pates carbonara contiennent ici de la sauce tomate, des poivrons et de la viande rouge. Au final, ce n'est pas mauvais du tout.


Pour trouver un bus, nous demandons de l’aide à une chinoise qui attend à l’arrêt. Enfin, Arnaud demande de l’aide. Il profite un maximum de son statut d’occidental auprès des petites chinoises qui disent Amen à tout ce qu’il raconte, qui l’emmènent chez le coiffeur, qui l’appellent pour lui dire qu’il pleut dehors et donc qu’il ne faut pas qu’il oublie son parapluie. Un exemple de plus : celle-ci nous amène à l’arrêt où nous pourrons trouver le bon bus pour retourner à l’auberge. Nous profitons qu’elle parle bien anglais pour discuter un peu. Elle fait ses études dans la région et comme nous est venue passer le week-end à Suzhou. En bons étudiants que nous sommes, nous évoquons le sujet de l’université. Elle suit des études pour devenir guide touristique mais préfèrerait travailler dans une crèche. En fait, ses propos semblent flous. Je ne comprends pas tout. Puis elle m’explique qu’elle a changé d’avis récemment concernant son futur. Arnaud murmure que ça doit être à cause d’un garçon et j’avoue que sur le moment, la même pensée me traverse l’esprit. Nous avons tort. Ce qu’elle nous dit me donne des frissons dans le dos : son père préfère investir dans les études de son fils. Tout comme Ichol hier, elle dit ça d’un air triste, certes mais résigné. Arnaud lui demande quel âge elle nous donnerait. Réponse 25 ans. Raté. Comme quoi, il y a un décalage des deux côtés car nous lui donnons 18 ans. Elle en a 22. C’est incroyable car habillée comme elle est avec ses airs de lycéenne tout droit sortie d’un campus américain, je ne lui aurais jamais donné son âge. Encore une différence majeure entre nos deux cultures.


Voici l'auberge de jeunesse

Nous retournons à l'auberge en taxi. Cette marche nous a crevés. Je m'endors un peu puis il est déjà temps de partir. Avant de s'en aller pour la gare, je parle avec deux chinois qui me conseillent une auberge pas loin de la mer. J'aimerai beaucoup voir à quoi elle ressemble ici. Donc peut être un de ces weekends.


La salle commune de l'auberge


Comme il fallait le prévoir, nous ne trouvons pas de taxi. Petit challenge : nous monterons dans le premier véhicule qui se présente. Hé bien nous ne sommes pas déçus du voyage. Nous retestons la moto-charrette. Il nous fait passer par un chantier. Une route en construction, un pont à moitié fini. Nous franchissons des espèces de fossés. Je dois dire que je ne suis pas rassurée mais stress ou non, je suis morte de rire. Arnaud lui dit aussi en se marrant qu'il n’a pas le droit de faire ça et le chauffeur se retourne, grand sourire et fier de lui. Miracle, nous arrivons en vie devant la gare.



Nous nous posons dans une grande salle d'attente. Arnaud élucide l'un de mes mystères shanghaiiens. Je m'étais toujours demandé ce qu'il y avait dans ces grandes boites rondes et de couleurs vives. De la nourriture, certes. Mais comment la réchauffer? Qu'est ce que c'était au juste. J'en avais déjà secoué deux ou trois boites au Alldays en bas de chez moi mais je n'en avais jamais acheté. En effet comme je ne possède qu'un micro-ondes, il y avait beaucoup de chances que je ne puisse pas le manger. Erreur. En fait, il faut verser de l'eau bouillante sur les pates du pot en plastique. Puis, on y ajoute le contenu de trois sachets : légumes, viande et sauce. On referme, on attend un peu et c'est prêt. Pratique et très goutu avec ça.


La demi-heure de train passe plutôt vite. Je suis crevée lorsqu'on arrive à la gare. Dès que j'aperçois le panneau « Shanghai », même sentiment qu'à mon retour de Nanjing : ça fait du bien de rentrer chez soi.


Arrivée à l’appart, je ne fais pas long feu.

Vers minuit, j'ai la joie de me faire réveiller par des crampes dans le ventre. Ces pates étaient peut être bonnes mais ni mon estomac, ni mes intestins sont de cet avis. Je commence à avoir l'habitude de passer de mon lit aux toilettes au milieu de la nuit. Deux cachets plus tard, je me rendors.

lundi 25 août 2008

Samedi 23 Août : Suzhou (苏州) Part 1.

"Il y a le paradis au ciel. Et sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou."

上有天堂,下有苏杭

shàng yǒu tiāntáng, xià yǒu sū háng


Debout à 7 heures 50. C'est le weekend et pourtant le réveil sonne plus tôt que d'habitude. Je dois me préparer, finir mon sac et procéder aux multiples vérifications et re vérifications de ce que j'ai pris avec moi. Hier, pleine de bonne volonté, j’avais prévu de me rendre à la station de métro à pied. Finalement, sachant que pour un euro, un taxi peut m’y emmener, je me laisse tenter. Il ne fait pas chaud ce matin. C'est probablement la première fois où je pense à mettre un gilet. De plus il pleut. Ma décision de prendre le taxi se justifie donc.


Je lui demande la station d'Hengshan Lu. Lui préfère celle de huahai lu. Je lui explique qu’un ami m'attend à Hengshan donc que je souhaite réellement m'y rendre. Je n'ai pas choisi cette station au hasard non plus... J'arrive en avance. Juste le temps de manger mes Princes en regardant les métros passer. Arnaud sort de l'un deux, il rerentre en vitesse et je le suis. Attention, spectacle à la limite de l'indécence dans le métro : nous nous faisons la bise. Ce qui choque une moitié de la rame et intrigue l'autre.


Nous arrivons à la gare (la bonne). Il pleut toujours. Nous espérons de tout cœur qu'il fait beau à Suzhou. A l'entre de la gare, nous devons montrer notre ticket puis passer nos bagages aux rayons X. Ca file droit et vite. On ne rigole pas, on pourrait rater le train... Nous achetons des cookies qui feront office de petit déjeuner une fois en route. Nous nous asseyons un moment dans une grande salle d'attente.


Puis, une demi-heure avant le départ effectif du train, l'ambiance devient électrique. Les gens s'agitent et se stressent mutuellement. Lorsque les portes s'ouvrent, c'est la cohue. Tout le monde se presse. Je rappelle que le train part dans 20 minutes et que les places sont numérotées. Mais non, on ne sait jamais. Nous attendons qu'ils aient tous finis de s'entretuer puis nous nous dirigeons à notre tour vers les fameuses portes. Apres avoir failli engager un conflit avec un chinois qui pensait-on s'était assis à notre place et s'être rendus compte que nous nous étions trompés de wagon, nous trouvons nos sièges.


Une demi-heure plus tard, c'est l'agitation. La grande majorité des gens semblent descendre à cet arrêt : Su. Nous allons à Suzhou, pas à Su donc aucune raison de s'inquiéter. Par acquis de conscience, je demande à quelqu'un ou nous sommes. Ce quelqu'un panique totalement parce que j'ai commence ma phrase par « sorry » et il ne s'est pas rendu compte que ce qui suivait était du chinois. Il part en courant. Je demande à quelqu'un d'autre qui me dit que nous sommes bien arrivés à Suzhou. Inquiétons nous donc. Nous embarquons nous sacs et courons vers la sortie.


A la gare, la première étape est de trouver un plan. Constatant qu'ils sont tous en chinois, nous demandons quelques indications à la vendeuse qui nous aide gentiment. Nous faisons la queue pour prendre le taxi après s'être fait fusiller du regard par toute la file qui pensait que nous allions passer devant et après avoir risqué d’être fusillés tout court par les policiers-gardes-militaires qui mettent de l'ordre dans tout ça.


Nous passons devant un immeuble qui a l'air de s'être effondré. C'est assez impressionnant. A l'entrée d'une ville, je dois dire que ce n’est pas super.


Le taxi nous dépose juste devant l'auberge de jeunesse. Parfait. En sortant, je demande à Arnaud quel type de chambre il a réservé finalement. Parce que nous hésitions entre prendre une chambre à deux lits et être sûrs de passer une bonne nuit et prendre une grande chambre et rencontrer des gens. Réponse : "Ha, mais tu n'as pas réservé?". Nous sommes donc face à un petit malentendu niveau communication organisationnelle. Heureusement, il reste deux lits. Dans une chambre de huit. Sans douche à l'intérieur. Sans wc non plus. Les toilettes de l'auberge sont à la turc.


Attardons nous quelques instants sur les toilettes à la turc. Je voudrais savoir qui est l'imbécile qui a décidé un jour d'inventer ça? Et pourquoi? Et dans quelles circonstances? Si c'était une femme, était-elle normale? Si c'était un homme, j'ai envie de lui demander pourquoi nous infliger ca? Est-ce que cette personne sait qu'elle est haïe des centaines de fois par jour à travers le monde entier? Arnaud me dit que ça doit simplement être une question de coût. Et certainement plus facile à nettoyer. Je ne suis pas sûre pour ce qui est du ménage. Pour le prix, il a certainement raison. Mais comparé à toute la mauvaise humeur que de telles toilettes peuvent apporter, je pense que ça vaut le coup d'investir dans un système plus « assis »... Enfin, comme je suis pressée, j'y vais tout de même et m'éclabousse les pieds avec la chasse d'eau. Zen.


Nous nous posons un peu dans l'auberge histoire de voir ce que l'on va faire de notre journée. Il est déjà 11 heures passées. Nous choisissons de commencer notre découverte de Suzhou par la Pagode située au Nord Ouest de la vieille ville. En sortant, nous nous faisons accoster par le chauffeur d'un véhicule assez particulier : une moto derrière laquelle a été fixée une charrette couverte d'une bâche et dans laquelle deux personnes peuvent s'asseoir sur un banc. Notre premier réflexe est de l'envoyer balader puis nous nous disons qu'un peu d'aventure ne fait jamais de mal (ce qui en soi est totalement faux mais bon...). Nous négocions donc un prix et montons dans son engin. Voyage de la mort : klaxon à tout va, frolage des trottoirs, des voitures, des vélos et des scooters. Course avec un bus.

Nous apercevons enfin la pagode. Nous lui demandons de nous arrêter. Puis nous nous rendons compte que ce n'était pas le bon endroit. Tant pis, profitons-en pour visiter ce petit jardin qui nous tend les bras. Apres tout, Suzhou est réputée pour ses nombreux parc et jardins...


Tout est très mignon. Petit bosquets, kiosques, peintures, fontaines, lacs. Petit hic : les groupes de touristes qui suivent leur guide hurlant dans un mégaphone, Nous parvenons à nous caler entre le gang des casquettes rouges et l'équipe aux bobs bleus pour avoir un peu de calme. D'accord c'est très joli. Il faut le voir. C'est dans ces moments la qu'on se rend bien compte que nous sommes en Chine.



Des pêcheurs sont installés sur le bord d'un lac. Malheureusement, je ne sais pas demander si ça mord en chinois...



Cependant, tout a un aspect superficiel. A commencer par ce lac au milieu duquel surgit un geyser parfaitement circulaire et duquel pas une goutte d'eau ne dépasse... Les chinois se prennent en photo toujours dans la même position à côté d'un beau buisson, sur un beau rocher ou assis à l'intérieur d'un beau kiosque.


Tout ça pour dire que d'accord c'est joli mais ce n'est pas non plus transcendant.


Arrivés au bout du jardin, nous prenons une barque pour revenir.


Ce sont des petits bateaux en bois poussés par des femmes. Je les admire. Elles doivent avoir de sacrés muscles pour pousser ces gros bateaux rien qu'avec la force de leurs bras.



En sortant, nous voulons rejoindre la pagode à pied mais nous nous rendons compte que c'est assez loin finalement. Et puis il est presque une heure et nos estomacs réclament à manger. Nous trouvons un petit restaurant. Plein. Bon signe. Comme le menu est exclusivement en chinois, Arnaud fait le tour des tables et montre ce qui l'inspire à la serveuse. Quant à moi, je montre sur mon bouquin ce que j'aimerai bien manger. La combinaison de nos deux techniques est assez payante. Nous nous retrouvons avec plein de bonnes choses sur notre table.

En sortant, nous nous promenons un peu. Nous tombons dans le quartier des magasins de gros en textile. Il y a le magasin spécialise dans les perles, dans les strass, dans la soie, dans les tissus pailletés. Puis toute une rue de boutiques de robes de mariées. Plus ou moins kitsch. Souvent plus que moins d'ailleurs.


Puis nous prenons un taxi qui nous mène à la pagode. Elle est entourée d'un jardin. Nous payons pour entrer. Tout semble payant ici. C'est l'autoroute à touristes. Partout il y a des gens armés d'appareils photos.


Nous montons voir la pagode. Sa particularité est d'être penchée. Il y a un décalage de deux mètres entre le sol et le sommet. C'est incroyable.


La pagode de la montagne du tigre (Yunyan Ta) Elle mesure 48 mètres et possède 7 étages et 8 côtés. On l’appelle parfois la tour penchée car elle penche vers le nord de 3,5 degrés.




Après avoir fait le tour et s'être posés quelques instants, nous sortons du jardin et marchons dans la ville. Nous voulons voir le musée de la soie. Malheureusement, il est fermé. En face, se trouve une autre pagode dans laquelle on peut monter. C’est la pagode du Nord.


C'est parti pour l'ascension de neuf étages d'escaliers en colimaçon. Le spectacle en haut n'est pas super. Devant nous s'étale une ville qui nous parait immense. Je dis qui nous parait car ici, elle n'est que de taille moyenne étant donné que seuls deux millions de personnes y vivent...



Dans un quartier, les constructions se ressemblent toutes. Du béton, du gris...


Nous redescendons un peu déçus. Le paradis, ce n'est que pour les jardins, le reste, ce n'est pas ca.

Nous nous promenons ensuite dans la ville, nous engouffrons dans des petites rues méconnues des touristes.


Etrangement, les gens ne nous dévisagent pas comme à Shanghai ou comme dans d'autres coins de Suzhou. Ici, ils sont tous occupés par leur business. On se demande d'ailleurs comment certains commerçants peuvent survivre. Nous entrons dans un marché couvert. Légumes, fruits, mais aussi poulets éventrés avec pates en l'air. Arnaud s'aventure plus loin. Moi je sais très bien ce qu'il y a dans ces bocaux là-bas à droite. Il me fait un signe de tête. C'est bien ce que je pensais. Des bestioles à l'agonie un peu partout. Nous sortons un peu dégoutés.


Plus loin dans la rue, des vêtements qui sèchent accrochés aux fils électriques, un petit garçon qui fait pipi au milieu du trottoir devant nous, des couples de jeunes gens bien habillés pour sortir, des hommes qui réparent un scooter à l'agonie lui aussi, des familles qui regardent la télé dans leur salon-commerce-chambre à coucher du rez-de-chaussée de leur petite maison. Tout ceci dans un nuage de poussière créé par la route non finie. Cette description peut paraitre sordide. Pourtant, nous ne nous sentons pas mal à l'aise du tout. L'ambiance a un côté chaleureux. Peut être du a un certain partage. En effet chaque personne donne un peu de sa vie là sur le trottoir. Il n'y a pas cette notion d'inconnu qui fait peur.



Nous passons ensuite dans une rue bordée de boutiques spécialisées dans des objets très précis : là on peut acheter des roues de toutes sortes, ici, on peu se procurer des boulons, par là ce sont des moteurs, par ici du placo...


Nous continuons de nous aventurer dans des rues de plus en plus petites. Puis, grande fierté d'Arnaud qui dit l'avoir fait exprès, nous tombons pile poil sur l'auberge de jeunesse... Je dois avouer que c’est fort.


Nous allons faire un tour dans notre chambre. Pour l'instant, seuls deux lits semblent être pris. Nous nous installons un peu dans le salon aux huit canapés rouge vifs. Puis prochain plan : aller faire une balade en bateau autour de Suzhou. La vieille ville est entourée de canaux et il est possible de faire le tour en une heure.


Nous réservons nos places à l'auberge et sortons vers 19 heures pour chopper un taxi. Problème : il n y a pas de taxi. Nous sommes déjà trop habitués à la vie shanghaiaise et aux taxis qui affluent de toutes parts. Nous prenons chacun un côté de la rue pour multiplier nos chances mais rien n’y fait. Nous allons louper le départ. Finalement nous trouvons un taxi, lui montrons ou nous devons aller. J'ai beau chercher dans mon bouquin, je ne trouve pas comment dire « plus vite ». Toutefois je lui dis que nous sommes en retard. Mais il ne semble pas tout saisir. Il comprend notre situation critique en regardant le papier sur lequel est inscrite l'heure. Il nous explique que nous sommes en retard...Sans blague? Il appuie sur le champignon et est limite plus stressé que nous. A 19 heures 27, il fait gronder le moteur à un feu et part comme une flèche. Puis il nous montre l'embarcadère et nous presse de sortir de la voiture. C'est qu'il prend les choses à cœur!


Nous arrivons en courant sur le pont du bateau. C'est bon, il est encore amarré. Nous nous installons à l'intérieur. Une chinoise californienne entame la discussion puis nous invite à sa table. La visite commence. Rien d'authentique au début. Nous sommes un peu déçus : nous sommes dans une salle climatisée, une télévision diffuse les JO et une guide hurle dans un micro. Les berges sont jolies mais restent toutefois assez artificielles. Cette impression est causée par les lumières vertes claires qui éclairent les arbres le long de l'eau.


La californienne nous traduit les fait marquants de la visite : en tout et pour tout, il y a 300 ponts à Suzhou. Nous passons sous le People’s bridge. Il est vraiment impossible d’oublier que nous sommes en République Populaire de Chine : ici tout appartient au peuple. Les hôpitaux, les places, les ponts… Puis nous passons sous le plus grand pont : 9,8 mètres. Et enfin : fait qui entraine un long débat entre Arnaud et moi : la profondeur du fleuve est de 5 mètres. Je trouve que c’est pas mal. Arnaud pense que ce n’est pas profond. Nous nous engageons donc dans une discussion assez profonde sur un sujet que nous ni lui ni moi ne maitrise vraiment. Au bout de quelques temps, nous nous rendons compte que finalement ce n’est pas si grave. Mais juste pour info, j’aimerai bien connaitre la profondeur de la Seine pour comparer…


Puis au bout d’un moment, la guide finit par se taire. Nous avons droit à de la musique traditionnelle. Une chanson d’appelle « Fleur de jasmin ». C’est sur ce bateau que je me rends vraiment compte que je suis en Chine. Oui la Chine et tous les clichés que nous européens pouvons avoir en tête. C’est en me retrouvant confrontée à ses clichés que je prends réellement conscience que je suis sur un fleuve chinois, que depuis deux mois bientôt, je tente de baragouiner des mots et des phrases en chinois. Que je mange de la nourriture chinoise. Que je commence à connaitre cette civilisation qui comporte plus d’un milliard d’habitants. Que ce qui me paraissait flou s’éclaircit de plus en plus dans me tête. Je me rends compte aussi que j’ai très envie d’en savoir plus et de continuer à découvrir ce peuple. J’ai encore un peu plus d’un mois pour le faire mais voilà, c’est décidé, j’ai vraiment l’intention de revenir.


Cette balade est bien sympathique mais le souci, c’est qu’elle sonne faux. Trop d’artifice. Il semblerait que les touristes chinois aiment ça. Je dis touristes chinois car nous sommes les seuls occidentaux ici. Ce qui est frappant, c’est qu’ils n’écoutent pas la guide et ne regardent pas les paysages. Ils préfèrent discuter ou regarder les JO à la TV. Comme quoi un touriste en Chine ou ailleurs, reste un touriste… Le bateau fait demi-tour dans un coin magnifique : l’intersection entre pas moins de cinq rivières. Le quartier est illuminé et décoré. C’est très joli.


Nous sortons du bateau puis nous allons nous balader un peu. Nous marchons, marchons, marchons… Nous nous retrouvons dans la rue touristique. KFC et Starbucks. Oui nous choisissons la facilité…Puis nous rentrons au bord de l’épuisement total. Nous avons bien profité de cette journée. Rentabilisation quand tu nous tiens !


Arrivés à l’auberge, nous rencontrons nos colocataires d’une nuit : Ichol, et deux autres chinois. Apparemment, deux américains doivent nous rejoindre aussi. Nous commençons à discuter. Ils voyagent tous tout seul. Ils sont de passage ici et s’en vont demain. Nous parlons de la condition des jeunes gens ici. Conversation très intéressante.


Ichol nous explique que les parents préfèrent avoir un garçon plutôt qu’une fille étant donné que lorsque
la fille se marie elle part vivre dans la famille du mari. Ses parents à elle investissent moins dans ses études que dans celles de son frère. Elle fait des études d’international nursing pour devenir infirmière à l’étranger. Elle nous explique également qu’une fille est mal vue ici quand elle a eu des relations sexuelles avant le mariage. Enfin en général. Car lorsqu’on demande son avis au seul garçon chinois de la chambre, il dit que lui s’en fout royalement et il a l’air d’être sincère. Les parents ont l’air d’être très sévères et ne veulent pas que leurs enfants sortent le soir. Donc il arrive fréquemment qu’à l’âge de 25 ans, les jeunes gens n’aient toujours pas trouvé l’âme sœur. Les parents les poussent alors à sortir et leur présentent des prétendants potentiels…


Voilà un échange qui fait du bien. Je n’avais encore jamais eu l’avis franc d’une jeune fille chinoise. Forcément, quelques petites choses clochent dans ce qu’elle raconte mais globalement, elle m’aide à comprendre pas mal de choses ce soir. Et pour finir, nous allons laver nos vêtement ensemble. Vive les auberges de jeunesse.


Nous nous endormons tous vers minuit. Au milieu de la nuit, j’entends qu’il y a du remue-ménage dans la chambre. C’est Arnaud qui s’est fait piquer par un moustique, qui s’est gratté et qui a la main qui a doublé de volume. Je me rendors assez vite et dors comme un bébé. Puis message de Julien qui est bien arrivé en France. Je me rendors à nouveau et fais de beaux rêves… de Julien, de la France…

Vendredi 22 Août : Alerte à la cacahuète

8 heures, "You're lucky lucky you're so lucky, well do you do you do you want to". Magie du karaoké, au réveil, mon esprit est empli de toutes les chansons massacrées d’hier. C'est donc de bonne humeur que je mets un pied par terre ce matin. En plus je vais me faire un vrai petit déjeuner : les gâteaux que j'ai récupéré hier soir m'attendent sur la table. Je verse un peu de lait dans mon seul et unique bol. Trempage de biscuits prévu... Sauf que, quand je regarde bien dans mon bol, je me rends compte que le lait entier au bout de quatre jours contient aussi des petites choses à manger... Au réveil comme ça, non merci!


Je me résigne à ne manger que les pâtisseries. Après avoir dégusté celles que j'avais déjà bien entamées hier, je m'attaque à une autre sorte. Le premier gâteau est délicieux. Un deuxième? Vas pour un deuxième. Mais alors que je croque au milieu, j'aperçois à l'intérieur quelque chose qui ressemble étrangement à de la cacahuète, Non, ça ne doit pas être ça. Je mets le morceau dans ma bouche. Ha ben si, cacahuète. Je cours dans la salle de bain, crache tout ce que je peux, me rince la bouche, me lave les dents... Je ne sens plus rien. Tout a l'air de fonctionner normalement : œsophage libéré, visage non difforme, oreilles et lèvres ok. Il n'empêche que c'est tout de même un peu la panique car il y'en avait peut être dans le premier gâteau que j'ai mangé avec tant de gourmandise. Je m'habille en deux temps trois mouvements, embarque mon sac et saute dans un taxi. Je veux être le plus tôt possible au bureau. Si jamais il m'arrive quelque chose, je préfère être entourée. Tout le monde là bas sait qu'il faut appeler les urgences s'il y a le moindre souci. Dans le taxi, j'apprends la phrase " Je veux aller à l'hôpital". On ne sait jamais et mieux vaut être trop prudent. Une chanson française passe à la radio. Très très kitch.


Je ne suis jamais arrivée aussi tôt au bureau. Il n y a pas grand monde. Pas de gonflement a priori. Je vais tout de même demander confirmation à Emilia : oui oui c'est bien de la cacahuète. Bon, il n y a plus qu'à attendre. Je remets sérieusement en question mon weekend à Suzhou. Il vaudrait mieux rester à Shanghai où je connais du monde que d'aller me perdre dans une ville inconnue. Fallait-il vraiment que je mange une cacahuète au petit déj?


Toutes les trente secondes, je fais une vérification complète de mon état physique. Tout semble bien aller. La nouvelle au bureau fait vite le tour.


Nous allons manger au spicy restaurant. Les filles me commandent mon plat préféré. L'intention me touche mais je ne suis pas de bonne humeur. Cette histoire de cacahuète me turlupine. Et puis j'ai réellement envie d'aller à Suzhou.


En sortant, je demande à Juliana ce qu'elle a de prévu pour ce soir. Elle a un rendez vous avec un de ses quatre petits amis. Décidément cette histoire est bien intrigante. J'essaie d'en savoir plus. Celui-là, elle le connait depuis six mois. Pour le moment, elle ne compte pas choisir, elle attend. Lorsque je lui demande le prénom du charmant jeune homme. Elle se met à rire en se cachant le visage derrière sa main. A quoi ca me servirait de savoir son nom? Heu, bonne question. Juste pour savoir comme on dit... J'ai beau insister un peu, je ne le saurai pas aujourd'hui.


Sur la route, je discute avec Daisy. Sujet de conversation : les prénoms. Comme je l'ai déjà dit ici, chaque chinois a un prénom chinois et un prénom anglais. Daisy me raconte qu'elle avait choisi William pour son fils mais qu'il préfère Jerry comme dans « Tom and Jerry ». Il demande donc à ses professeurs d'anglais de l'appeler Jerry 2. Ben oui, Jerry 1, c'est la souris. En fait, les parents choisissent le prénom chinois pour leur enfant puis plus tard, c'est l'enfant lui même qui s’en attribue un. Dans l'entreprise, les filles ne connaissent que depuis peu leur prénom chinois. Elles s'appellent entre elles à l'anglaise.


Apres le déjeuner, je discute avec maman sur MSN. Conseil maternel : profite de la vie et vas à Suzhou. Même si c'est la fin de ma vie? Oui oui, apprécions le moment présent et ne paniquons pas pour rien. J'avoue que j'aime bien cette philosophie. J'irai donc à Suzhou ce weekend. Ce qui rassure Arnaud car depuis ce matin, il cherche mais personne parmi ses nombreuses groupies chinoises ne semble vouloir l'accompagner.


Cette après midi, je jongle entre la pioche aux informations touristiques sur la ville pour préparer le weekend et le boulot qu'Ada me donne. J'ai même droit à une petite discussion avec Fa en direct du Zegafredo. Lui a fini son stage donc on peut enfin se parler à des horaires raisonnables. Quand je suis censée bosser par exemple.


A 18 heures, nous descendons avec Rita. Ce soir : restaurant plus bar. Elle veut absolument que je lui fasse découvrir un bar. Emilie nous rejoint en bas devant la porte. C'est la folie ce soir dans le quartier. C'est le dernier match de football des JO. D'après les drapeaux, il semblerait que le Brésil joue contre la Belgique. Mais t'es malade toi! (NDLR : cf. François l'embrouille).


Nous allons manger dans le restaurant japonais en dessous du bureau. Bien que les plats soient assez gras au final, j'accroche pas mal à cette cuisine. Epicé juste ce qu'il faut, parfaitement salé, quantités raisonnables... Et en plus je peux garder l'emballage des baguettes. C'est pas wonderful ça?


Pendant le repas, nous en venons à parler de Suzhou. Je propose à Rita de venir avec nous. Elle dit oui tout de suite et semble très enthousiaste. Comme je ne veux pas qu'il y ait de malentendu, je précise tout de suite que nous dormirons tous dans la même chambre et qu'il y aura un ou deux garçon(s) avec nous. Effectivement, ici cela peut être très mal vu de partager sa chambre avec un membre du sexe opposé. Dès que j'ai fini ma phrase, son visage se décompose. Voila l'effet que je ne souhaitais pas provoquer... Puis elle me demande : "Oui, mais il y aura plusieurs lits quand même?" Je ne peux m'empêcher de penser : "Ha non non, tout le monde dans le même lit. Ca va être la grosse orgie, tu verras ca va être top, viens!" Mais, sachant pertinemment que le second degré ne passerait pas bien là maintenant, je réponds : "Bien sur oui, un lit par personne. Je ne veux pas partager mon lit et puis, je ne suis pas sûre que mon petit copain accepte que je dorme avec des garçons dans le même lit...". J'insiste bien pour qu'elle ne me prenne pas pour une traînée mais elle hésite beaucoup. Même si la Chine progresse énormément et se rapproche de plus en plus de notre mode de vie, il subsiste des beaux décalages culturels qui peuvent être comiques une fois qu'on les raconte mais très embarrassants quand on les vit...


Nous prenons le métro et arrivons dans Huahai Lu. Une amie de Rita lui a conseillé un endroit sympa dans ces environs. Après avoir demandé notre chemin, nous nous engageons dans une rue qui regorge de petites boutiques aux vêtements colorés, bien taillés, originaux et pas chers. Autrement dit : il faut absolument que je revienne dans le coin! Finalement, le bar que nous cherchons a fermé. C'est le risque à Shanghai. On ne peut jamais être sûr de retrouver un endroit ou on a été quelques jours avant. Ne nous décourageons pas et réfléchissons. Ce n'est pas le choix qui manque. Et pourtant, nous tapons dans les valeurs sûres et montons dans un taxi direction le Zapata’s. Cadre sympa, discussions possibles, danse possibles aussi. Exactement ce qu'il nous faut pour ce soir. Nous nous installons dehors et discutons entre filles. Rita a 26 ans et vit toute seule à Shanghai, Ses parents vivent dans la province de Hubei. Nous parlons de Sex and the City, de musique et des films que nous avons vus et aimés. Puis une de ses amies arrive. Nous allons danser. Elles semblent apprécier cet endroit. Le vendredi soir, ils passent les tubes bien commerciaux qui ont fait les boums de toutes les générations. C'est marrant deux secondes mais ça devient vite lourd. Je pense à partir. La Macarena. C'est sûr je vais partir. Mais je me rends compte que Rita et son amie ne connaissent pas cette danse et semblent un peu perdues. Voilà une occasion de leur apprendre quelque chose. Nous enchainons donc Macarena et Ketchup song. Je dois avouer que j'ai bien rit. Et Rita est enchantée d'avoir appris ces chorégraphies. Voila des soirées comme je les aime. Voir dans la Macarena un partage culturel. Ne nous méprenons pas sur le terme culturel. Je ne mets pas au même niveau l'histoire de France et la Macarena mais cela fait partie de nos soirées, on ne peut le nier. Et voilà que Rita connait une chose de plus sur nos coutumes occidentales.



Je rentre chez moi à pied. Il faut encore que je prépare mon sac pour demain. Sur la route, je fais une liste de ce que je ne dois absolument pas oublier. Je n'ai toujours pas de sac à dos. Par conséquent, il me faudra aller à l'essentiel.


Et toujours pas de signe post cacahuète…

Jeudi 21 Août : La vie en rose

Comme a tout malheur et toujours associé un bonheur quelconque, je peux rester au lit un peu plus longtemps ce matin. Effectivement, il ne va pas y avoir la question de trouver à manger chef. Pas de petit déjeuner pour cause d'estomac retourné, d'intestins débobinés, bref de système digestif hors service.


Après ces quelques instant de fainéantise, je me lève, me prépare et sors de chez moi. Une chaleur redoutable me tombe sur les épaules lorsque je sors de mon immeuble. De loin, j'aperçois le bus qui arrive. J'ai juste le temps de m'arrêter au Alldays du coin pour acheter un paquet de Princes. Petit encas en cas de réouverture d'appétit.


Dans le bus, je manque de m'étaler dans l'allée. Non seulement les chauffeurs veulent toujours se faufiler entre les taxis et les voitures semblant oublier qu'ils conduisent un énorme engin et en plus, j'ai l'impression que la mécanique des pédales et de la boite de vitesse a été réduite a son plus simple appareil. Ce qui rend la conduite plus que brusque. Je me rends compte que ça ne doit pas être facile de manier ce bâton qui sert de levier de vitesse et ces planches qui font office de pédales. Je dis planche, ce sont réellement de gros plateaux sur lesquels on peut mettre son pied en entier, voire même deux pieds.


Je trouve une place assise à côté d'une maman qui tient son bébé dans les bras. Je constate que je ne suis pas du tout attirée par les bébés chinois. Ils m'énervent profondément en fait. Pourquoi? Ca vaut le coup de se poser la question. D'habitude, dès que je vois un enfant, je ne peux pas m'empêcher de lui faire des sourires, des grimaces... Là, les seules grimaces que je veuille lui faire seraient pour lui faire peur et pour qu'il arrête de me regarder avec ses yeux quémandeurs. Voilà la raison pour laquelle j'ai beaucoup de mal avec les enfants ici. Etant donné que la politique de l'enfant unique est plus que d'actualité, les enfants sont complètement pourris gâtés par tous les adultes qui les entourent. Ils prennent donc l'habitude d'obtenir de diriger leur petit monde dès leur plus jeune âge. Je remarque aussi que les parents sont en représentation constante lorsqu'ils sortent avec leur rejeton. Dans les transports en communs, les gens laissent les enfants s'asseoir, les regardent, leur font des sourires. Les parents sont fiers et en rajoutent des couches. Je comprends leur situation mais je ne peux rien y faire : cela m'agace énormément.


J'ai pas mal de choses à faire au bureau ce matin. Il faut croire que l'appétit vient en travaillant car d'un coup, les Princes me font bien envie.


Ce midi, je vais déjeuner avec Emilie, Pascal et Annie. La règle est établie dès le début du repas : nous parlons anglais, pas de français. Sinon, Annie se sentirait mise à l'écart. Finalement, nos habitudes alimentaires vont nous repartir naturellement. Ce restaurant est spécialisé dans des espèces de fondues à base de poulet. Poulet ok. Crapaud? Beaucoup moins. Comme je l'ai déjà dit, chaque malheur apporte aussi son lot de bonne nouvelles, la vie est ainsi faite... L'excuse d'avoir été malade me sauve ce midi. Je m'en tiendrai au poulet. Pascal aussi. Nous nous mettons face à face pour partager la fondue. Français d'un côté, chinoises de l'autre. Lorsque les plats arrivent, nous constatons effectivement la présence d'un crapaud, enfin de ce qui fut jadis un crapaud. Devant nous, il n'y a plus que des petits morceaux, de la peau...Appétissant. Pour nous, ça sera vraiment poulet. Pascal sort un morceau du bouillon "Tiens, ils n'ont pas oublié de mettre les pates..." Annie se fait un plaisir de déguster ce morceau choisi, jusqu’à la dernière miette. Après cette heure du midi riche en émotions, nous remontons au bureau.


A 18 heures, je vais faire un peu de shopping en attendant le Karaoké au fameux Party World. J’ai enfin trouvé une ruse pour être tranquille dans les boutiques : Mp3 sur les oreilles. Les vendeuses en surnombre dans chaque magasin ne me suivent pas pour me conseiller voyant que j’ai l’air réellement à fond dans ma musique. Au bout d’un certain temps, je sens que je suis restée debout trop longtemps pour mon estomac… J’ai l’impression qu’il se décroche et va tomber dans mes chaussures, enfin dans mes tongues. Il me reste une bonne demi-heure avant le Karaoké. Je vais donc me poser dans un Starbucks. Pas de cheese-cake. Je me rabats sur un chocolat froid. Pas mal non plus.


Je finis par me diriger tout doucement vers le bâtiment du Party World. J’y retrouve Emilia, Pascal et Diana, une employée allemande de l'entreprise. Le karaoké ici, c’est quelque chose. Les chinois ne vont pas au ciné, sortent peu dans les bars, ne restent pas longtemps au restaurant mais vont au karaoké. Petite description du lieu qui vaut le détour : au rez-de-chaussée, grand hall d’entrée. Les candidats au massacre musical attendent tous en bas et se battent parfois. On nous remet une espèce de petite soucoupe volante en plastique qui est censée vibrer lorsque vient notre tour. Petit souci : ça ne vibre pas. Emilia prend les choses en main et va se battre au comptoir.


Nous entrons finalement dans notre salle. Puis Pascal et Diana vont se chercher à manger au buffet et nous choisissons les chansons que nous allons tenter de ne pas trop détruire. Le choix est immense. Je sens que je vais passer une bonne soirée. Nous allons à notre tour choisir notre diner. Pour descendre, nous empruntons une sorte d’ascenseur qui fait un bruit de vaisseau spatial et qui en a la forme d’ailleurs. Cela me fait beaucoup rire et j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur ce qu’Emilia tente de m’expliquer. Nous remontons dans la salle nos assiettes pleines de bonnes choses. Que la fête commence ! Sans aucune crainte, nous nous attaquons à tout : Les Beatles, Frank Sinatra, Georges Mickael. Emilia Diana et moi nous éclatons sur les Spice Girls. Comme quoi le girl power n’a pas de frontière. Britney Spears y passe aussi. Nous connaissons les mêmes choses avec Diana. Backstreet boys, Savage Garden… Puis vient le moment de la Vie en Rose…en anglais. Très spécial.


Nous sortons sur les coups de 23 heures. Je prends dans un sachet le reste des petits gâteaux. Ca sera parfait pour mon petit déjeuner demain matin. Nous remontons Diana et moi vers le bureau où je compte attraper un bus qui me déposera devant chez moi. Nous discutons pas mal. Elle est née aussi le 25 septembre. Après une longue attente, je monte enfin dans le bus.


Je me couche ce soir des chansons plein la tête

jeudi 21 août 2008

Mercredi 20 Août : Observation elevator.

8 heures, la journée commence. Petit déjeuner toujours base de lait entier. La prochaine fois, je ferai bien attention aux inscriptions figurant sur l'emballage.


Je vois le bus qui arrive au loin. Je presse le pas, monte dedans et trouve une place assise. Parfait.


Ce midi, nous allons manger dans le restaurant des slurps. Forcément me trouver dans cet endroit me fait penser à mes premières soirées ici. Tout ceci me parait très loin car j'ai appris énormément de choses depuis. En même temps, cela ne fait que six semaines et donc j'ai tout de même l'impression que c'était hier. Comme d'habitude, les photos sur cette carte ne me mettent pas l'eau à la bouche et je prends le fameux plat au poulet et aux légumes. Et comme d'habitude dans ce restaurant, j'envie toujours les plats des autres qui paraissent de loin bien meilleurs que le mien.


Nous discutons entre filles. J'apprends que l'une de mes collègues a actuellement 4 petits amis. Je ne sais pas ce qu'elle entend par petit ami. Je lui demande si elle compte choisir un jour. Apparemment, cette décision n'est pas à l’ordre du jour. Nous prévoyons de sortir vendredi soir. Il faut que je trouve un bar sympa ou passer un bon moment.


Ada a l'air d'aller mieux. Quand je demande ce qu'elle a et si ce n'est pas trop grave, j'ai droit aux mimes pour me faire comprendre "avoir la courante". Si de nombreuses questions sont taboues ici, on peut parler ouvertement de ses problèmes intestinaux. Parfait, je note.


Je sors du restaurant avec l'envie de finir mon repas sur une note sucrée. Je fais donc une halte et achète un jus pomme-poire frais. Je tente d'expliquer en chinois aux filles la composition de mon breuvage. Avec leur aide, je parviens à dire : ping guo he li : de la pomme et de la poire. 苹果 .


Je décide de commencer à me lancer dans des petites phrases en chinois. Sinon, je ne progresserai jamais.


Nous remontons au bureau. Cette après midi, j'ai le temps d'apprendre quelques petites choses et de mémoriser des caractères.


A 18 heures, je sors. Metro direction People Square ou j'ai rendez vous avec Emilie et Arnaud. J'arrive une demi-heure en avance. Je m'assois sur un banc et profite de l'ambiance si particulière de cette place lorsque la nuit tombe. Les buildings s'allument peu a peu. Deux types de personnes se hâtent, courent après je ne sais quoi. Il y a ceux qui finissent leur journée de travail et qui rentrent chez eux. Il y a ceux qui vont diner entre amis ou en amoureux. Leur point commun? Ils sont pressés. Tout le monde est toujours presse à Shanghai. Moi, posée sur mon banc, j'ai abandonné la course folle. Le rythme impose par la ville et les gens aurait il eu raison de moi? Non, j’ai décidé l'espace de 30 minutes de prendre le temps, d'être spectatrice de cette fourmillere. Je ne fais plus partie du chaos mais le regarde de l'extérieur. La lecture aléatoire de mon lecteur Mp3 fait bien les choses, les Dire Straits accompagnent ce défile shanghaien incessant avec Walk of Life.


Shu et Arnaud arrivent presque en même temps. Shu passe Arnaud en revue. Il ne porte pas de chemise. Elle n'aime pas ca. Les chinois sont assez formalistes dans leurs relations. Nous retrouvons Emilie puis nous allons manger dans un restaurant japonais. Raviolis, crevettes, chou épicé, brochettes de poulet, riz cantonnais... un vrai festin.


J'apprends qu'il est vivement déconseillé pour un garçon de venir à midi dans ce genre de restaurants s'il veut déjeuner tranquillement. En effet, les parents des filles en âge de se marier et qui n'ont toujours pas trouve l'âme sœur viennent ici et sont à la quête du jeune homme parfait. Jeune homme parfait signifie ici : plus diplômé, plus grand et plus riche que la jeune fille. Sinon, ca ne va pas être possible.


Comme le restaurant se trouve dans un centre commercial, nous nous baladons un peu avant de tomber sur un ascenseur au dessus duquel est inscrit ; "Observation elevator". Observation? Curieux, nous nous demandons ce que l'on peut bien observer de cet ascenseur. Nous montons donc à l'étage le plus haut. Nous ne somme pas déçus du voyage. C'est un ascenseur vitré. On peut voir tout People Square de là haut. Un aller retour plus tard, nous arrivons au premier étage (qui est le rez de chaussée ici). Paul nous attend en bas et nous conduit au Caribbean Club. C'est un bar restaurant qui fait sa grande ouverture aujourd'hui. Emilie a réservé les places qui lui ont été livrées au bureau. A l'entrée, nous remplissons des bulletins qui nous permettront peut être de gagner un voyage pour la Jamaïque. Ca ne se refuse pas.


A l'intérieur, ambiance Caraïbes. Cocktails fruites, pirates, danseurs. Dépaysant au début mais l'ambiance tourne vite au n'importe quoi. D'accord il y a de la nourriture gratuite mais je ne vois pas de gâteaux et encore moins de cheese-cake. Or je suis en manque de Cheese-cake. La prochaine fois que j'en vois, j'en achète un stock et je me prépare des perfusions. Comme ça, j'en aurai toujours sur moi...


Nous décidons d'emmener Emilie, Shu et Vanessa au Bar Rouge. Elles n'y sont jamais allées et comme je l'ai dit plusieurs fois déjà ici, c'est un endroit à voir absolument a Shanghai. Oui je radote. Arrivées sur la terrasse, elles sont émerveillées. Toute première fois sur la terrasse de ce bar a pour effets l'écarquillement prolonge des yeux, l'immobilisation totale du corps et l'envie soudaine de sortir son appareil photo. Je ne résiste pas à la tentation d'essayer de prendre quelques clichés mais comme d'habitude, le résultat est plus que décevant. Quoiqu'il en soit, je n'ai jamais vu la Pearl Tower clignoter ainsi. C'est magnifique. Nous en profitons avant que les lumières ne s'éteignent. Effectivement, aux environs de 23 heures, le Bund se prépare pour la nuit et s'éteint progressivement.


Emilie nous raccompagne, Vanessa Arnaud et moi. Je finis le chemin à pieds. Petit arrêt dans une supérette (il est 23heures 30) pour acheter du jus de pamplemousse qui me désaltère maintenant et qui sera bien agréable au petit déjeuner demain.


Discussion Skype avec Fa. Enfin je devrais dire plutôt monologue de Fa qui me raconte ses péripéties. Il ne comprend pas quand je parle car la connexion est mauvaise donc je me résigne à l’écouter.


Une bonne douche et au dodo!


Réveil à 3 heures du matin. Crampes dans le ventre. Précipitation aux toilettes. Non, ce n’est pas facile facile d'avoir l'estomac fragile en Chine.