samedi 27 septembre 2008

Samedi 27 Septembre : Vie Shanghaiaise.

Ce matin, j’ouvre à peine un œil que je m’aperçois qu’Arnaud m’a déjà laissé des messages MSN. Il me décrit l’emploi du temps de leur journée et m’invite à les joindre. « On décolle dans une heure » me dit-il. Oula, une heure. Il me faut le temps d’émerger tout de même.

Je me prépare, prends du linge à nettoyer (oui, je suis un profiteuse et je saute sur la moindre occasion) puis mon ordinateur (nous allons échanger nos photos). Puis je descends et m’achète un petit déjeuner que je mange dans le bus.

Sur le trottoir, des gens sont en train de faire une chorégraphie devant un coiffeur avec de la musique à fond. Quand je réfléchis bien, je ne trouve aucune journée depuis que je suis ici où je n’ai pas été surprise, amusée ou étonnée lorsque je me promenais dans la rue. Il y a toujours quelque chose à voir.

Dans le bus, une personne âgée se casse la figure suite à coup de frein trop brusque. Il fallait bien que ça arrive. Mais ici, personne ne s’inquiète réellement. Je pense que je suis la plus affolée. Même la petite vieille se relève avec une souplesse incroyable. Magie du Tai chi.

Je finis de me réveiller et achève mon petit déjeuner puis j’arrive à Yude Lu. Je marche un peu et passe à côté d’une école. Les enfants ont cours ce weekend. Effectivement, quasiment tout le monde travaille ce samedi et ce dimanche pour ne pas travailler lundi et mardi et ainsi avoir une longue semaine de vacances. Le 1er, c’est la fête nationale chinoise. Ce jour sera suivi de quelques jours de congés. Si le gouvernement prenait ce genre de mesures en France, j’imagine la réaction de tout le monde. Demander aux gens de travailler le dimanche ? C’est quoi cette blague ? Je dois dire que je suis d’accord. Mais ici, on ne gâche pas un jour qui est censé être travaillé alors si l’on veut pouvoir profiter de sa longue semaine, il faut sacrifier ce weekend.

Les enfants sont dons tous groupés dans la cour et font tous ensemble une sorte de chorégraphie sportive. Voilà où nait le conditionnement de la pensée et des actes. C’est là qu’on se rend vraiment compte de l’importance de l’école dans une société. Ici, ils font ce genre d’exercices plusieurs fois par jour et sont entrainés à suivre un leader et à ne pas sortir du rang. Pas besoin de faire un dessin de la suite des événements.

Arrivée chez Arnaud, je lance une machine et nous partons en métro au marché aux tissus. J’achète quelques petites bricoles. Nous sommes devenus les pros de la négociation. Par exemple : de 280 Yuans pour prix de départ, je passe à 60 Yuans… Je me demande combien de touristes achètent ces trucs à 280 Yuans… Il doit y en avoir sinon, les commerçant ne sortiraient jamais ces prix.

Puis nous allons manger dans un petit restaurant qui cuisine les plats de la province du Sichuan. C'est-à-dire très épicés. Je demande les fameux œufs à la tomate et les bien connues aubergines et nous nous régalons.

Ensuite nous retournons un peu au marché aux tissus. Angelina étant fatiguée, Caroline la ramène chez eux pour faire une petite sieste. Pendant ce temps, j’accompagne Arnaud à Pudong. Il doit aller chercher son Visa. Je suis un peu déçue car nous ne croisons pas de petits français péteux à qui nous voulions faire croire que nous n’aimions pas les chinois…etc. Cette attitude est très mesquine mais permet de bien rire.

Retour en métro puis une fois arrivés dans leur appartement, nous échangeons les photos de notre séjour. Je suis impressionnée par le nombre de clichés que j’ai de la Chine dans mon ordinateur : plus de 2000. Autant de très bon souvenirs.

Petits gâteaux apéros français et saucisson que Caroline a apportés. Puis nous mangeons les restes du repas de midi que nous avions faits mettre dans des doggy bags. Un peu de fromage pour finir le repas en beauté. Puis, d’un commun accord, nous décidons de nous faire souffrir en parlant de ce que nous mangerons dès notre retour en France. Du fromage bien entendu (raclette, fromage de chèvre, chacun exprime ses gouts et les défend), de la charcuterie, des desserts, beaucoup de desserts, du pain bien sûr, du sucre, des bonnes pates, de la viande. Finalement, constatant que nous nous infligeons trop de peine, nous décidons d’arrêter cette énumération diabolique. Car lorsque nous regardons sur la table, il n’y a que du riz, des légumes et de la viande coupée en petits morceaux et flottant dans de la sauce épicée. C’est très bon d’accord mais trop de riz tue le riz.

Nous discutons un peu puis je rentre chez moi. Dans le bus, je ne peux pas m’empêcher d’exploser de rire lorsque je vois un reportage sur les gens qui font leurs courses en pyjama dans les grandes surfaces. Puis lorsque les informations sont terminées, un homme entre dans le bus avec une chaise à la main. Je ne sais pas pourquoi mais cela me fait beaucoup rire et je me dis que s’il s’assoit dessus, je ne pourrais plus me retenir et j’exploserai d’hilarité. Pendant tout ce temps bien sur, je me fais fixer par mon voisin de droite. En fait, il n’y a pas besoin de mettre la télé dans le bus. Pour éviter des couts inutiles à la compagnie de transports en communs de Shanghai, il suffit d’embaucher un occidental, de le planter au milieu du bus et le tour est joué. Une animation pour rendre le trajet plus agréable et moins long pour les utilisateurs.

Arrivée chez moi, je parle avec Fa sur Skype. Fa qui est dans son lit et qui se remet de son anesthésie. Tout va bien. Quelques cachets et son ulcère ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Puis conversations MSN. Je trie mes photos. Ceci a vraiment un gout de départ. Après avoir regardé le JT de France 2, je m’endors.

Vendredi 26 Septembre : Repas d’au revoir.

Ce matin, je renoue définitivement avec les Baozi pour le petit déjeuner. Grand retour à la gastronomie chinoise. Je dois dire que ça fait beaucoup de bien. Je passe devant une banque tous les matins. Aujourd’hui, une professeur de gym s’est installée sur la petite place devant l’établissement et motive ses élèves grâce à des cris et à de la musique assez forte. Yi er san si (un deux trois quatre)

Au bureau ce matin, je me rends compte que pas mal de filles prennent deux jours de congé lundi et mardi prochain pour avoir leur longue semaine de vacances. Cela signifie que je ne les reverrai plus avant que je parte. Or je voulais faire un repas d’au revoir. Je ne dis pas repas d’adieux, je trouve ce terme trop pessimiste et je sais bien que je reviendrai à Shanghai un jour donc…
J’organise ça pour ce midi. Les filles sont très contentes et adirent aussi le restaurant XiaoTing donc tout va très bien. Nous serons 11.

J’ai pas de mal de choses à faire pour le boulot en cette belle matinée de septembre. Une distraction cependant : les filles mettent les photos d’hier dans le dossier partagé.

Vers midi, j’impulse le mouvement et nous allons toutes au restaurant. Nous choisissons une grande table. Ceci nous permettra de commander des plats autres que ceux compris dans le business lunch. Hé oui, aujourd’hui est un grand jour. Et puis, j’ai ma carte bleue avec moi donc pas de souci. Nous pouvons prendre ce qui nous plait. Je choisis bien évidemment les aubergines et je m’assure que les filles prennent les petits plats de d’habitude. Enfin, pas besoin d’être trop vigilante car c’est la premières des choses qu’elles font. Je ne semble pas être la seule à raffoler de cette cuisine.

Les plats arrivent au fur et à mesure et sont délicieux. Etant donné que nous sommes onze à table, je n’ai pas intérêt à laisser passer les plats que j’aime bien lorsque le plateau tourne !

Cette après-midi, les filles sont assez cool. On sent le weekend (et les vacances) approcher à grands pas. Annie nous met cependant un peu la pression car il faut terminer quelques petites choses avant son départ. Nous courrons donc partout pour avoir le temps d’envoyer des paquets en Pologne.

Puis vient le temps des au revoir. Je n’aime pas trop ça. D’abord Annie. Nous échangeons forcément nos adresses MSN. En trois mois, j’ai vraiment eu le temps de m’attacher aux gens et je dis dire que c’est assez difficile pour mois de me dire que je ne les verrai plus avant longtemps.

Ensuite, je vais dire au revoir à Emilia. S’il y a une séparation que je redoutais, c’était bien celle là. Emilia est la première personne à qui j’ai parlé ici quand je suis arrivée début juillet. C’est elle qui m’a tout expliqué et qui m’aidé lorsque j’en avais besoin. Mais c’est surtout elle qui m’a appris et fait comprendre beaucoup de choses sur la culture et la civilisation chinoise. Ce que j’apprécie beaucoup, c’est qu’elle comprenne que certaines choses peuvent me choquer ou me rendre sceptique. Elle revendique ses origines bien sûr mais elle est extrêmement ouverte. Avec elle le dialogue est constructif. Bien que nous n’ayons pas le même âge, je la considère vraiment comme une amie. C’est donc avec un pincement au cœur que je lui dis au revoir. Et là encore, au revoir et pas adieu car nous nous reverrons, ici ou en France. Je dis aussi au revoir à Pascal. Au revoir et à bientôt.

Lorsque j’attends mon bus, je me rends vraiment compte que quelque chose se termine. Et si je suis triste, c’est que tout s’est très bien passé ici. Donc c’est plutôt bon signe !

Ce soir je parle avec Fa sur Skype. Assez longtemps. Trop longtemps même car lorsque nous finissons, tous les magasins de baozi et compagnie sont fermés. Tant pis, pas de diner ce soir. Ca ne peut que me faire du bien entre nous…

Je télécharge de la musique chinoise puis je m’endors en regardant le JT de France 2. Je me réveille au milieu de la nuit avec mes lunettes sur le nez, mon ordinateur qui tourne et des gens qui tentent d’établir une discussion sur MSN. Après m’être demandée où je suis, j’enlève mes lunettes, éteins mon ordinateur et me rendors…

vendredi 26 septembre 2008

Jeudi 25 Septembre : 生日快乐 (Sheng ri kuai le), bon anniversaaire!

Ce matin, je me réveille toute guillerette. 21 ans en Chine...
Avec le décalage horaire, je dois avouer que je me sens un peu seule niveau messages. Seules quelques personnes ont pensé que j'avais 21 ans 6 heures en avance.

Tout joyeuse, je quitte mon appartement, et vais attendre mon bus au soleil. Je pense que c'est la première fois que je passe mon anniversaire en robe et en ballerines. Je sors "L'amour dure trois ans" (de toute façon, rien ne peut atténuer ma bonne humeur aujourd'hui) et me plonge dans les lignes de Beigbeder. Plonger, le terme est bien choisi. Je suis tellement captivée que je ne remarque pas que le bus est arrivé depuis un certain temps et qu'il va bientôt repartir. Je m'en aperçois à la dernière minute, pousse le million de personnes qui me sépare de la porte et saute sur la marche. C'était moins une.

Ce midi, nous allons manger dans le fast food ou nous avions été avec Tracy et Emilia. Le fameux fast food qui sert sang de porc. Cette fois, je ne me lance pas dans une soupe mais prends des raviolis. Je choisis le simple. Mon ventre va mieux mais je ne vais pas non plus trop lui en demander.

Cette après midi, j'assiste à la réunion qui présente les résultats de l'étude marketing qui a été menée au cours du mois dernier. Extrêmement intéressant. Je sors beaucoup plus tard que prévu, si bien que j'ai quasiment fini ma journée de travail lorsque je me rassois à mon bureau. Enfin, aujourd'hui, je reste plus tard car nous allons directement au karaoké toutes ensemble.
Emilie, Arnaud, Caroline et Angelina doivent nous rejoindre. A 18h30, je tente d'impulser le mouvement mais personne ne bouge dans le bureau. Les filles se parlent en messes basses puis se rendent vite compte que de toutes façons, elles peuvent hurler les détails de l'organisation de ma surprise, tant que c'est en chinois, il n'y a pas de risque que je comprenne. Nous trouvons cette situation assez amusante. J'attends donc dans le bureau car apparemment il ne faut pas que j'aille tout de suite au karaoké. Puis je finis par descendre retrouver Caroline, Arnaud et Angelina. Annie et Tracy arrivent et nous y allons ensemble.

A peine arrivés dans la salle, il faut que j'ouvre le cadeau qu'Angelina tient pour moi depuis vingt minutes. Elle n'en peut plus d'impatience. "Tu l'ouvres maintenant ou après? C'est comme tu veux hein?" Je suppose que la question étant répétée toutes les cinq minutes, la réponse attendue est assez claire... Je finis donc par ouvrir le petit paquet : un porte monnaie Hello Kitty !

Comme nous sommes une petite quinzaine, la salle est assez grande. Ce karaoké est vraiment énorme. Décoration dorée dans le hall, des milliers de lumières, un piano à queue blanc qui joue tout seul... Et le buffet. C'est le premier repas depuis une semaine ou je peux manger à peu près normalement. Alors je compte bien en profiter! Je remplis bien mon assiette une fois que j’ai compris le fonctionnement des jetons pour payer le buffet. Puis après avoir demandé mon chemin pour retourner dans la salle, je rejoins LinLin, Ada et Rita qui ne lâchent pas leurs micros.

J'avale mon repas en moins de deux. C'est que j'ai vraiment très faim. Puis nous programmons des chansons en anglais avec Pascal car nous ne gérons pas du tout les chansons chinoises. J'en reconnais quelques une pour les avoir déjà entendues soit sur internet ou dans les magasins mais je suis bien incapable de mettre des paroles sur les mélodies. Je dois dire que c'est assez frustrant.


Annie et Ada


Rita et Tracy

Arnaud, Angelina, Caroline


Emilia s'occupe d'intercaler chansons anglaises et chansons chinoises pour que tout le monde y trouve son compte. Les chinoises connaissent bien entendu certains air anglophones. Ainsi, je m'aperçois que les Spice Girls sont universellement connues. Les Beatles sont aussi assez connus mais seulement quelques une de leur nombreuses chansons. Maroon 5 connait son petit succès aussi. Nous chantons When you believe avec Linlin. Enfin, j'essaie de la suivre car je me rends vite compte que je ne connais que le refrain et quelques bouts des couplets…Un massacre donc.

Soirée très musicale.


Angelina est chouchoutée par toutes mes collègues de bureau qui sont sous le charme. Elle profite de son succès pour chanter une chanson sur "les cow boys qui picolent". Heureusement que son public est essentiellement composé de chinoises qui ne comprennent pas le français... Ca nous fait bien rire en tous cas.

Lydia, Angelina, Emila


Emilia m'apporte ensuite un paquet. Un cadeau de la part de l'ensemble des filles présentes. Je suis très touchée. C'est un joli vase sur lequel on peut voir des inscriptions chinoises. L'un des premiers styles dans l'histoire de la calligraphie si je ne me trompe pas. Voilà un super souvenir!


Puis vient l'heure du gâteau. Avant, je me fais prendre en photo avec chacune des filles devant le gros paquet qui contient le dessert. Puis nous l'ouvrons. Il est énorme. Photo de groupe.


Tout le monde entonne la chansons « Joyeux anniversaire », « Happy birthday » et « 生日快乐). C’est le même air mais comme les paroles sont différentes, c’est une joyeuse cacophonie ! Avant de souffler mes bougies, je demande aux filles de la rechanter une fois en chinois. Puis je souffle et c’est le découpage du gâteau. Avant je dois faire un vœu. Ici on ne fait pas le vœu avant de souffler les bougies mais avant de couper le gâteau. Forcément, c'est à moi que revient cette tâche délicate. Distraite, je coupe sans compter le nombre de personnes donc les parts seront inégales... Il y en aura pour tous les gouts. Il faut voir lé bon côté des choses! Et puis, Arnaud me dit qu'il ne faut pas que je me formalise, donc tout va bien...




Nous continuons à chanter jusqu'à 10 heures puis tout le monde rentre chez soi. Très bon anniversaire a Shanghai!

Je prends le bus avec Emilie. Puis chez moi, je téléphone à Fa, discute sur MSN. Je lance le téléchargement de l'épisode 1 de la saison 2 de Californication en espérant que tout fonctionne et que je puisse le regarder demain matin avant d'aller au boulot. Je finis mon bouquin et apprends que finalement l'amour ne dure pas trois ans.

Sur cette belle pensée, je m'endors après avoir passe une très bonne journée.

jeudi 25 septembre 2008

Mercredi 24 Septembre : Mise au point sur les bananes

Ce matin, après une nuit plutôt normale, je mange les Princes que j'ai acheté hier puis je descends pour acheter une banane.

Le bus a du retard donc j'ai l'occasion de fondre en plein soleil. J'arrive au bureau un peu à la bourre. Tout le monde me demande si ça va mieux. C'est avec un grand sourire que je réponds : oui oui, tout va très bien. Je pense que je suis guérie. Ne jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Car oui, l'ours est bien en vie. Ce matin, je passe presque autant de temps sur les toilettes que sur ma chaise.
Je discute avec Caro et lui fait part de mes malheurs, la pauvre...

Puis avant le repas, Annie vient me voir. Elle doit avoir certainement peur de mon expression car elle me demande tout de suite si quelque chose ne va pas. Puis elle prend les choses en main et m'explique ce que je dois manger. Quand je lui dis que je ne mange que du riz et des bananes, elle pousse un cri. Des bananes? Surtout pas des bananes! Ici, on achète des bananes lorsque l'on veut fréquenter plus assidument les toilettes... Ha. Donc elle est en train de me dire que depuis une petite semaine, je crois me soigner mais en fait, je ne fais qu'empirer la situation? Pourtant je suis sure que dans mon cas, les bananes sont recommandées. J'en viens à affirmer quelque chose de stupide : "ha mais nous on dit que ca nous fait du bien dans ce sens là"... Je veux bien que nous soyons différents pour beaucoup de choses mais nous faisons tout de même partie de la même espèce et à mon avis les mêmes causes produisent les mêmes effets chez tout le monde. Je vérifie donc sur un site internet de santé bien français : les bananes ont des vertus agissant contre la constipation. CONTRE?
Dès que je rentre en France, je règle mes comptes avec tous les gens qui depuis que je suis petite m'ont dit que les bananes constipaient. Qu'ils sachent qu'ils ont nettement contribue à me faire visiter tous les toilettes de Shanghai cette dernière semaine...

Ce midi, nous allons dans mon restaurant préféré : Xiaoting. Ca me fait une belle jambe... Les filles s'occupent bien de moi, me disent ce que je peux et ce que je ne dois absolument pas manger. Au menu donc : riz, œufs et soupe de légumes et tofu.

Cette après midi je bosse.

A 18 heures, je retourne chez moi. Je lance le téléchargement du fameux épisode 1 de la saison 4 de How I met your Mother. Avec un peu de chance, il sera chargé lorsque je reviendrai du restaurant ce soir. Oui, j'ai rendez-vous à 19h30 avec tous les collaborateurs de l'entreprise. Le big boss et un directeur sont là. Ici on les appelle les VIPs, ce qui me fait beaucoup rire. Je vais peut être leur demander des autographes...

J'ai juste le temps de me préparer et de discuter un peu sur MSN puis je prends un taxi direction Donghu lu. Lorsque j'arrive quasiment tout le monde est déjà là.
Le restaurant est super sympa. Des tableaux d'un artiste sont décorent les murs. Des objets d'art sont posés un peu partout.
Je passe un très bon moment bien que je ne mange presque rien. Je déguste tout de même une pince de crabe. Ici on ne nous donne pas d'ustensile pour nous battre avec la coquille mais le crabe est déjà découpé. Rien de plus facile donc.

Nous revenons en taxi avec les filles. En rentrant, je me jette sur mon ordinateur. Le téléchargement est fini. C'est parti pour 21 minutes 14 de rigolade. It is delightful.

Puis je bosse un peu pour VLV!

Maman m'appelle pour me souhaiter un joyeux anniversaire. Ce qui fait très très plaisir. Hé oui, bien qu'il ne soit que 18 heures en France, il est déjà minuit pour moi. J'ai donc déjà 21 ans en Chine. 21 ans en Chine. La classe...!




Dans "un jour, un vélo" : aujourd'hui, ce n'est pas tout à fait un vélo mais plutôt un engin roulant. Qui a l'air très efficace aussi. N'en doutons pas!


mercredi 24 septembre 2008

Mardi 23 Septembre : What is your best price ?

Mon choix de ne pas manger fut le bon : je me réveille ce matin après une bonne nuit de sommeil qui fait du bien.
Bananes, eau aromatisée et Princes pour le petit déjeuner. Je prends le bus. Un homme me regarde manger mes bananes. Il m'observe, me détaille, me fixe. Bref m'énerve. Je me rends compte que je ne supporte plus ce genre de choses. Ca, les rots et les crachats. Ca devient de plus en plus dur. Cet homme me fait signe lorsqu'une place se libère. Voilà, comme souvent, je m'énerve intérieurement puis le regrette ensuite car globalement, les gens sont très sympathiques.

Ce matin, je bosse. Mon ventre semble aller mieux même si ce n'est pas encore tout a fait ça.

Ce midi, je vais manger avec Elita et Lydia. Nous allons dans le restaurant pseudo italien qui sert du rizotto sous forme de soupe... Pourquoi pas après tout?
Elita me dit qu'elle est en train d'essayer d'obtenir un visa pour entrer en Allemagne. Je ne pensais pas que c'était possible mais il semble que cela soit plus dur que pour obtenir un visa pour la Chine. Elle doit fournir de multiples documents : déclaration de ressources, salaires et formulaires en tous genres...

Cette après midi, nous avons une réunion avec Annie et Ada. Récapitulatif de nos dossiers.

Puis je vais retrouver Caroline et Angelina à People Square. Ce soir, nous allons au marché au faux. Maintenant, je maitrise l'art de la négociation sur le bout des doigts et j'arrive à avoir pas mal de choses à un très bon prix. Toutefois il ne faut pas que je craque trop car je sais bien que je vais avoir beaucoup de difficultés à fermer mes valises.
Certains commerçants sont super gentils. Après avoir négocié, je demande toujours d'ouvrir le paquet pour vérifier l'état de ce que j'achète. C'est bon, parfait, pas de défaut. Je suis tellement contente d'avoir trouvé ce que je voulais que je sors du magasin sans payer. Les vendeuses me rappellent. Je m'excuse mille fois. C'est bon, je pense qu’elle a bien compris que je suis de bonne foi.
Une autre fois, nous discutons avec le vendeur pendant assez longtemps. Il parle un peu français. Donc la négociation se fait en anglais-chinois-français. C'est assez drôle. Aucun de nous ne lâche le morceau. Négociation acharnée. La première depuis que je suis ici. Il faut dire que ce que j'achète n'est pas un quelconque faux et que je veux vraiment l'obtenir. Nous finissons par nous mettre d'accord sur le prix et pour dire en même temps : « you're tough ».
En revanche, une autre fois, ca se passe mal. Les deux nanas se moquent de moi, ne veulent pas me rendre la monnaie juste. L'une d'entre elle sort du magasin et va cracher par terre. Rappelons que nous sommes dans une sorte de centre commercial... Bref elles m'énervent bien comme il faut.

Nous ressortons vers 21 heures avec nos achats. Nous reprenons le métro à People Square puis nous rentrons chez nous.

Ce soir je m'acharne pour charger l'épisode 1 de la saison 4 de How I met your mother. Impossible. La connexion est trop faible. Je vais péter un plomb. Depuis le temps que j'attends ça. Donc je retrouve mon livre, qui lui, est toujours la pour moi. Je bouquine un peu avant de plonger dans un profond sommeil.
Et dans un jour, un vélo :

mardi 23 septembre 2008

Lundi 22 Septembre : C'est grave docteur?

Nuit agitée. Le Burger King ne sait pas trop quel chemin il doit emprunter. Je n'arrive plus à dormir donc je bouquine un peu avant de me lever. Mal de ventre assez sympa.
En guise de petit déjeuner, deux bananes et une bouteille Coca.

Lorsque j'arrive au bureau, je m'assois dans ma chaise en souhaitant que personne ne me demande de me lever. Et quand je suis vraiment obligée de me mettre debout, je me balade un peu pliée.

Je croise Emilie qui me demande si ça va mieux. Non. Elle me fait un peu stresser en me disant qu'il faudrait quand même que j'aille chez le médecin. Apres quatre jours, si ça ne va toujours pas, c'est que j'ai attrapé quelque chose.

Vers midi, je lui demande le numéro de son médecin. J'irai cette après midi. Rendez-vous à 14 heures. J'ai réussi à ne pas être malade pendant deux mois et trois semaines. Forcement, il faut que j'aille faire un tour dans une clinique la dernière semaine de mon séjour.

Pour mon déjeuner, je vais acheter du riz avec Daisy. Nous mangeons dans les locaux de l'entreprise. Puis je descends à la recherche d'un taxi qui m'emmènera chez le médecin. Ou pas. Après avoir attendu une bonne dizaine de minutes, je trouve enfin un chauffeur qui veut bien s'arrêter. Malheureusement, il ne connait pas la rue. J'ai beau répéter le nom avec toutes les intonations possibles. Ca ne lui dit rien. Je lui explique donc le quartier dans laquelle elle se trouve. Nous chercherons ensemble et nous finirons bien par trouver. Je suis très cool maintenant.

Pendant tout le chemin, il répète : Danshui lu, Danshui lu. Comme s'il attendait une illumination soudaine qui lui indiquerait la route à prendre. Nous trouvons sans problème. Il m'arrête devant un grand bâtiment.

Pas de doute, c'est une sorte d'hôpital. A croire que tous les hôpitaux du monde sentent la même chose. Cependant quelques différences notoires entre les hôpitaux d'ici et les établissements français : ici, les infirmières se baladent dans le "parc" de l'hôpital dans lequel des ouvriers remuent des tas de bois et de poussière. L'entrée est introuvable. Je fais le tour et rentre par une toute petite porte. Je me retrouve dans une espèce de grand hall austère. Tout le monde ne parle que chinois ici. Pourtant Emilie m'a dit que c'était une clinique occidentale... Lorsque je demande mon chemin, on m'indique les ascenseurs. Troisième étage.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et j'entre dans un autre monde. Pièces lumineuses, propres, accueillantes. Un centre de soins tel que nous, français pouvons nous l'imaginer.

Je remplis un formulaire puis attends le médecin. Effectivement, j'ai attrapé quelque chose mais ce n'est pas grave. Je suis rassurée. Je sors ma carte de crédit, débourse 70 euros. Ca fait plaisir.
Je remonte Huahai lu à la recherche de la boulangerie Paul. Je rêve d'une fougasse aux olives. Le docteur a dit qu'il fallait que je mange du pain. Sans blague? Mais, horreur. Le magasin est fermé. Je ne pensais plus qu'a ça et voila que tous mes espoirs s'écroulent. Pour ne pas que je me mette à pleurer (ce qui serait ridicule, je le sais bien), il faut que je trouve quelque chose pour compenser. Je ne vois qu'une seule possibilité : le cheesecake du Starbucks. Je vais bien trouver ça. Hé oui, il y en a un.

Apres avoir déguste ma part de tarte de Metz comme on l'appelle aussi, je prends le bus et retourne chez moi. Je passe l'après-midi à me reposer. Je discute avec Fa sur Skype.

Puis je rejoins Caroline à People Square. Nous marchons pour trouver la rue des magasins de musique que Marc m'a indiquée. Le bonheur. Une rue entièrement consacrée aux instruments. Classique, rock, traditionnel. Tout y est. Caroline m’explique un peu les différents instruments traditionnels chinois.

Sur un trottoir devant un restaurant, nous voyons des animaux dans des aquariums, des bassins. Toutes sortes d'animaux. Et même...des serpents. J'ai vite fait de traverser la rue et de m'éloigner de ces machins pendant que les filles vont les observer de plus près.

Vers 20 heures, nous nous rendons compte que nous avons bien marché et que nous sommes un peu perdues. Puis en marchant, nous passons devant l'entrée du bazar de Yu yuan. Nous prenons donc un taxi qui nous emmène à l'arrêt de bus le plus proche. Le bus me dépose devant chez moi puis déposera Angelina et Caroline près de chez elles également.

Je discute de nouveau avec Julien puis je passe la soirée sur le net et m'endors comme une masse. Je n'ai pas diné car en ce moment, c'est "diner ou bien dormir, il faut choisir". J'ai fait mon choix.

Un jour, un vélo : aujourd’hui, photo prise à Suzhou. Que peut-on caser sur un vélo? Des sac remplis de trucs en tous genres...


lundi 22 septembre 2008

Dimanche 21 Septembre : ShengSi Part II – La mer dans tous ses états






Réveil à sept heures et demie. Le bol de riz d’hier est assimilé. Bonne nouvelle. Deuxième bonne nouvelle : ce matin, c’est cheval ! Et une petite troisième pour la route : nous avons quelque chose à manger pour le petit-déjeuner. Que demande le peuple ?

Angelina vient frapper à la porte et accélère le mouvement. Nous payons l’aubergiste mais il ne veut pas nous laisser sortir tant que nous n’avons pas rempli ses formulaires d’hébergement. Il y tient vraiment ! Il nous dit d’attendre. La police va arriver. La police ? Ce n’est pas top ça. Arnaud n’a pas son passeport donc pas son visa non plus. Le policier contrôle ma feuille en premier puis je tente l’embrouille. On va comparer ma feuille avec les autres. Pas besoin que chacun sorte son passeport. Nous mélangeons un peu les feuilles, passons celle d’Arnaud en dessous et le tour est joué. En revanche, il y a un problème majeur sur les informations d’Emilie : le M de son prénom est très mal fait…

Sur ce, nous prenons un taxi et toute enjouée, je lui montre l’adresse du centre équestre. Il se met à rire et nous dit que c’est ici, nous y sommes. En fait, la réceptionniste de l’hôtel nous a indiqué un lieu génial, vraiment top : ici. Après avoir beaucoup rit de la situation, nous montrons au chauffeur qui nous prend désormais pour des fous, la photo d’un temple qui a l’air plutôt pas mal. Il est d’accord pour nous y emmener mais semble tenir à nous montrer une sorte de falaise avant. Nous ne sommes pas contre les falaises. C’est parti.
Ce site semble être le plus touristique de l’île. Des cars entiers de chinois à casquettes suivant leur guide au drapeau assorti aux chapeaux seyants, sont garés au bord de la route. Il y a un monde fou sur ces quelques rochers. Mais nous avons l’habitude maintenant et nous savons très bien que si nous continuons un peu la balade, nous nous retrouverons bientôt tous seuls. Effectivement, c’est ce qu’il se produit. Ils restent tous à l’entrée pour prendre des photos donc nous pouvons profiter du paysage assis sur des bancs sur une petite plateforme qui donne sur la mer.


Au large, les bateaux n’arrêtent pas de passer. C’est une vraie autoroute. C’est incroyable.

Nous retournons sur le parking des bus et des taxis et retrouvons notre chauffeur qui nous attend. Suite de la promenade : le temple.
Il donne sur la mer. C’est très joli. Il est en cours de rénovation. A l’intérieur, la population est très hétérogène : cela va du moine qui habite dans sa toute petite chambre à l’ouvrier en train de repeindre le toit d’un bâtiment, en passant par les femmes qui découpent du papier et les habitants de petites maisons qui font pendre leur linge aux fenêtres et là où ils peuvent.

Nous négocions ensuite avec le taxi pour qu’il nous emmène dans un endroit de l’île où nous pouvons manger. Ce n’est pas pour moi. Je ne m’inquiète pas pour mes repas étant donné que le riz se trouve partout… il nous dépose donc dans une rue qui semble entièrement emplie de restaurants. Sur le trottoir sèchent des poissons. Les mouches rodent.


Nous nous installons à une terrasse. Dans ce restaurant, il faut aller choisir soi-même les poissons et les fruits de mer que l’on s’apprête à déguster. Tout a l’air très bon. Je ne peux témoigner que sur le riz et je trouve que celui d’hier soir était meilleur.

Après le repas, Caroline, Angelina et Arnaud vont directement au port. Nous nous promenons encore un peu avec Emilie. J’aimerais beaucoup voir le port et la vie des pêcheurs.
De ce côté-là, je ne suis pas déçue. Nous marchons le long du port, dans l’odeur des filets de pêche.
Des femmes sont en train de repriser les filets défectueux. Je ne sais pas comment elles font pour supporter ces conditions de travail. La chaleur, l’odeur et la position qu’elles sont obligées d’adopter sont extrêmement difficiles.
Cette photo commence une série intitulée "les vélos de la Chine". J'ai pu remarquer l'importance du vélo ici. Il est utilisé pour le transport d'à peu près tout. Alors c'est parti pour un jour, un vélo.

Nous prenons un taxi qui nous emmène au port. Dans la série : « les détails dégueu du voyage sur l’île » : en revenant des toilettes, je passe à côté d’un père qui fait faire caca à sa fille dans une poubelle au milieu de la salle d’attente. Rien de plus normal, non ?

Nous montons dans le bateau. Celui-ci est beaucoup plus grand que celui de l’aller. Nous avons la possibilité de nous tenir sur le pont. Génial pour prendre les photos du pont en eaux profondes de 32 kilomètres. Je passe la majeure partie de la traversée debout sur le pont, les yeux fixés sur l’horizon. La cheminée du bateau crache une fumée noire. Les gens jettent leurs déchets par-dessus bord.

La mer est extrêmement polluée. Une marée rouge apparait tout d’un coup et on ne reverra plus la couleur à peu près claire de l’eau qui entourait ShengSi.
Après avoir passé environ deux heures dehors, je me sens sale comme jamais. La pollution est vraiment palpable. L’air, la mer. Je n’ai jamais rien vu de tel.


Je ne verrai pas le pont pour la bonne et simple raison que cette fois-ci, on ne passe pas à côté mais au dessus. C’est impressionnant de se déplacer comme ça sur la mer, dans un bus. A droite : la mer, à gauche : la mer aussi. Devant nous, des milliers de petites lumières qui indiquent cet ouvrage d’art monstrueux.

Etant donné que nous avons tenté de supporter rots, crachats, besoins dans les poubelles, et autre délicatesses, nous sentons tous que le pétage de câble n’est pas bien loin. L’idée est lancée : nous achetons des bouteilles de Pepsi et faisons un concours de rot dans le bus. Mythique. Personne ne tilte pour les rots, car ici, c’est normal. Toutefois, les gens commencent à se retourner lorsque nous entonnons des chansons d’enfants du style : « j’ai une tante qui est au Maroc et qui s’appelle Hip hop… » de temps en temps, c’est agréable de se lâcher un peu. Nous sommes navrés que notre besoin de nous extérioriser soit tombé sur ces personnes là dans ce bus là…

Arrivés à Shanghai, sous le Nanpu bridge, Emilie et son chauffeur nous déposent à Xujiahui où nous avons pour grand projet de se goinfrer chez Burger King. Conseils d’Arnaud pour le mal de ventre : manger bien occidental du style fast food et pizza. Je commence donc mon régime de rétablissement par un bon hamburger, un gros paquet de frites et un grand Coca.

Je dois dire que je ne suis pas fâchée de retrouver ma douche. J’ai l’impression qu’il faut que je reste assez longtemps sous l’eau chaude pour me décrasser. Oui, décrasser, c’est vraiment le bon terme. Vérification des mails et dodo !