mardi 9 septembre 2008

Samedi 6 Septembre : Beijing part I – Le Palais d’Eté.


Joies du train de nuit : nous nous faisons réveiller assez tôt par les gens qui se lèvent et se préparent. Une petite musique fait également office de réveil. Petite musique qui devient de plus en plus forte. Je me rendors plusieurs fois mais arrive un moment où il faut bien se lever. Nous remballons le peu d’affaires que nous avions sorties. Nous avons droit à « ce rêve bleu » en version instrumentale chinoise. Rien que pour ça, ça valait le coup de venir !


Tous les gens sont dans le couloir et regardent le train arriver en gare. Il y aune ambiance particulière que j’aime beaucoup dans ces trains. Une sorte de convivialité qui va de soit.


Quelque petites choses énervantes toutefois : les toilettes sont fermées bien avant que le train n’arrive. Je comprends pourquoi tout le monde se réveille tôt en fait.


Nous retrouvons Ben et Aidan sur le quai puis nous dirigeons vers la sortie ensemble. En route, j’achète un plan. Ce qui peut toujours servir surtout que nous n’avons pas de guide. Pendant qu’Aidan et Marie vont chercher des cafés, Ben m’accompagne à la billetterie. Je dois acheter mon ticket pour le retour.

Puis nous nous rassemblons et entamons notre petit déjeuner sur la place de la gare de Beijing.


Nous suivons les garçons qui vont à l’auberge de jeunesse en espérant qu’il reste deux lits pour nous. Eux sont déjà venus à Pékin pour les JO. Ils ont fait un tour en Chine et sont de retour dans cette ville pour trois jours. Nous prenons le métro. Tout le monde doit passer son sac sous les rayons X. La ville est à fleur de peau. Ca se sent assez aisément. D’autant plus qu’aujourd’hui est le jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques.


Contrairement à Shanghai, le métro de Beijing a une réelle odeur de métro comme on peut en trouver à Paris ou à Berlin par exemple. Il est beaucoup moins moderne qu’à Shanghai mais très bien entretenu. Nous avons l’impression avec Marie que les gens se comportent de façon beaucoup moins sauvage ici. Ceci est certainement du aux campagnes qui ont été menées avant les JO pour inculquer les bonnes manières aux gens.

Partout dans les rues, des personnes aux brassards rouges : ce sont des volontaires. Ils sont là pour aider les touristes perdus, pour contrôler les sacs ou pour assurer la sécurité d’un endroit.


Nous sortons du métro directement en face de la place Qianmen (Tian an’men). Gros choc bien entendu.

Après quelques photos, nous nous engageons dans le labyrinthe qui nous conduira peut-être à l’auberge. Je dis « labyrinthe » car des barrières ont été installées partout aux environs de la place. Si bien qu’il est impossible de traverser. Il faut passer par des galeries se trouvant sous la route. Presque à chaque fois, on nous demande de vérifier nos sacs.


Nous traversons une rue qui semble commerçante au premier coup d’œil. Puis, on se rend vite compte que tous les magasins sont totalement vides. Ils sont fermés avec un antivol de vélo. Très étrange. Toute cette rue est entièrement vide.


L’auberge se trouve dans une rue très animée au contraire. On y trouve toutes sortes de petits commerces : alimentation, vêtements… Une vraie fourmilière.

Bonne nouvelle : il reste de la place pour nous. Nous nous installons avec Ben et Aidan dans une chambre de quatre. Je rêve d’une bonne douche après cette nuit passée dans le train. Je ne suis pas la seule. Au programme alors : douche puis petit-déjeuner.


Aidan est heureux de nous annoncer qu’au fond de l’auberge, il y a des aquariums dans lesquels vivent toutes sortes d’animaux. Ca ne me dit rien qui vaille. Je lui demande exactement ce qu’il y a dans ces bocaux. Et oui, je dormirai bien sous le même toit que ces animaux de malheur qui semblent assez nombreux en Chine en fait.


Nous prenons le petit-déjeuner à l’auberge. Pancake à la banane histoire de bien me caler et de commencer cette journée sur les chapeaux de roue.


Nous partons vers la place Qianmen. Mauvaise nouvelle : elle est fermée. Il n’y a aucun moyen d’y accéder. Pourtant nous essayons et nous y mettons de la bonne volonté. Passage souterrain après passage souterrain, nous nous rendons compte qu’il ne sert à rien d’insister. C’est fermé, c’est fermé ! Nous abandonnons aussi la Cité Interdite car nous la supposons fermée également. Plan de rechange : la cité souterraine. Nous la repérons sur le plan. Il est possible de rejoindre ce site à pied. C’est parti.


Nous ne trouvons pas la route et le plan ne nous aide pas. Les gens à qui l’ont demande notre chemin ne sont pas clairs. Soit parce qu’ils ne nous comprennent pas (ce qui est bien possible), soit parce qu’ils ne souhaitent pas trop nous aider. Ceci est également fort possible. Finalement, nous nous résignons à prendre un taxi. Le premier que nous arrêtons ne connait pas, et s’en va. Le deuxième ne connait pas non plus mais décide de persister. Tout d’un coup, il semble tout content et nous montre un autocollant sur son pare brise. Apparemment, il possède un traducteur automatique dans la voiture. Ben rentre donc les informations dans sa machine. Puis nous nous démarrons enfin. Il nous semble que nous tournons en rond. En fait ce n’est pas qu’une impression. Le chauffeur a l’air embarrassé et semble de pas comprendre. Nous sommes un peu lassés car il est déjà midi passé et pour le moment, tous nos plans sont tombés à l’eau.


Miraculeusement, nous nous retrouvons devant le bâtiment. Problème : c’est fermé. Autre plan de rechange : le Palais d’été. Nous avons un petit bout de temps de taxi à faire. Le chauffeur apprend la prononciation d’un mot à Ben, ce qui nous fait beaucoup rire. Le Palais se trouve au nord ouest de la ville. Nous nous employons avec Marie à dire Hao de hao de (qui signifie d’accord, d’accord) au chauffeur dès qu’il ouvre la bouche pour parler. Ceci semble le satisfaire. Aidan et moi nous endormons à l’arrière de la voiture.

Il est 13 heures lorsque nous arrivons. Nous sommes tous les quatre d’accord : il faut manger avant de visiter quoique ce soit. Après avoir fait un petit tour pour trouver un restaurant, nous entrons dans le seul et unique endroit où l’on peut manger. Nous nous régalons. C’est très bon.


Marie me fait beaucoup rire lorsqu’elle interpelle les chinois : elle leur dit « Xiexie » qui veut dire « merci ». Je ne peux pas m’empêcher de rapprocher ceci d’OSS 117 qui dit «non merci » dans des circonstances mal appropriées.


Puis c’est parti pour la visite. Forcément, nous devons acheter des tickets pour entrer. Puis une fois à l’intérieur, nous nous apercevons que cet endroit est envahi par les touristes. C’est à la limite de l’insupportable. Nous nous évadons du côté du lac. En effet le jardin du palais s’étend autour d’un lac immense sur lequel de nombreux bateaux et pédalo en tous genres portent des touristes en mal de plein air ou de solitude.


Puis nous montons jusqu’au dernier bâtiment du palais. Au fur et à mesure de notre ascension, il y a de moins en moins de touristes. Nous sommes de plus en plus seuls et c’est tant mieux. L’endroit est magnifique. Je ne peux m’empêcher de m’imaginer les enfants à l’époque qui devaient se faire de bonnes parties de cache-cache dans ces jardins immenses.

Nous redescendons et louons un pédalo. L’Angleterre pédale en premier puis la France prendra le relais. Les garçons slaloment sous les piles d’un pont, ce qui fait peur aux chinois sur les bateaux voisins. Ils ne sont pas trop rassurés sur l’eau en fait.


Puis Marie et moi, nous pédalons à notre tour. Nous passons un agréable moment sur l’eau. Sur la route du retour, j’appelle Du Xin. C’est un ami de LinLin, ma collègue au bureau. Avant de partir pour Pékin, elle m’a dit que je devais l’appeler et qu’il nous emmènerait dans un bon restaurant. Nous nous mettons d’accord sur le lieu et l’heure. Puis nous prenons un taxi pour aller au métro. Finalement, nous ne trouvons pas donc reprenons un autre taxi.


Nous constatons qu’il n’est pas chose aisée que de se promener dans Pékin. Tout d’abord, les distances sont très grandes. Puis les informations que nous avons, qu’elles soient issues des guides des garçons ou de ce que nous disent les gens sont bien souvent erronées.


Nous trouvons l’endroit avec une bonne demi-heure de retard. Du Xin est avec un ami : Mickael. En marchant vers le restaurant, je discute avec ce dernier de la situation actuelle de la Chine, de ses évolutions, de ses rapports avec l’Europe. Je perçois énormément de fierté dans les propos qu’il me tient. Pour lui, tout semble beau en Chine. Lorsque je souligne que certains points me semblent tout de même négatifs (je ne les cite pas car nous ne nous connaissons pas assez), il ne répond pas. Puis il me dit que nous ne pouvons pas juger les autres en fonctions de nos critères à nous mais qu’il faut plutôt voir les autres critères. Je pense que ce relativisme généralisé me dérange un peu car c’est par ce moyen que l’on peut nier que les Droits de l’Homme sont bafoués en Chine. Je ne lui dis pas mais je le laisse parler.


Puis nous arrivons au restaurant. Une table nous est préparée. Nous souhaitons que Du Xin et Mackeal commandent pour nous car nous voulons découvrir les spécialités de Beijing. Mais ils ne semblent pas vouloir. Nous n’insistons pas de peur de paraitre grossiers. Nous choisissons donc en faisant attention de ne pas omettre le fameux Roasted Duck : une recette de canard traditionnellement cuisinée à Pékin.


Nous nous régalons et constatons qu’il y a des différences entre la cuisine de Shanghai et les plats de Pékin. Ici, j’ai l’impression que tout est plus lourd et plus gras.


Le meilleur pour la fin et non pas pour la faim mais plutôt pour la gourmandise. Effectivement, le canard arrive en dernier alors que nous ne pouvons plus rien avaler. Cependant, nous ne faiblissons pas et nous attaquons à ce canard dont la tête trône au milieu de l’assiette.


Il y a toute une technique pour le manger. Il faut tout d’abord prendre une sorte de crêpe puis tremper les morceaux de canard dans de la sauce et en tartiner allégrement ladite crêpe. Puis on ajoute quelques légumes. On plie le tout à la manière des fajitas et le tour est joué. C’est très gras mais délicieux.

Démonstration...


Le meilleur morceau est situé aux environs du cou du canard. Après nous être assurés que ce morceau se trouve à l’extérieur et non pas à l’intérieur de l’animal, nous trempons chacun un bout dans du sucre et mangeons. C’est assez gras également mais le gout est très agréable.


Après toutes ces découvertes culinaires, Mickael tient absolument à nous raccompagner à l’auberge. Nous insistons et disons que nous pouvons prendre le métro mais rien n’y fait. Du Xin ne veut pas non plus nous laisser partir seuls. Après un toast donc, nous nous engageons dans la direction du parking. Je ne me sens pas au meilleur de ma forme et c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai l’estomac qui me dit clairement stop. Il faut que je respire à fond ou c’est la catastrophe…


Nous rencontrons un coach qui a fait le déplacement pour les jeux paralympiques et qui vient d’arriver donc qui voudrait se poser dans un bat pour regarder la cérémonie d’ouverture. Je ne suis toujours pas au top de ma forme.

Dans le parking, quelque chose pour me remonter le moral : une voiture qui a une plaque belge au dessus de sa plaque chinoise.

Du Xin nous dit au revoir et prend le métro


Je me cale au fond du siège dans la voiture, le vent fouettant mon visage. Mais rien y fait, je ne suis pas bien. Nous prenons congé de Mickael devant l’auberge. Je suis frappée par l’extrême gentillesse de ces garçons qui nous ont consacré leur samedi soir et qui ont été jusqu’à nous amener en voiture. Ils n’ont pas beaucoup mangé pendant le repas pour nous laisser l’occasion de déguster plus de nourriture. Leur accueil a été extrêmement chaleureux et m’a fait énormément plaisir.


Hé bien je n’aurai pas du manger autant. Arrivée à l’auberge, je bois de l’eau et prends un cachet puis au lit. Je m’endors et donc n’assiste pas à la réflexion sur notre projet de voir le soleil se lever sur la grande muraille. Au départ nous comptions prendre un taxi pour nous y rendre mais le prix est réellement trop élevé. De plus un tas d’éléments contradictoires entrent sans arrêt en jeu. Il nous est impossible d’obtenir une réponse claire à notre question. Finalement, nous décidons de remettre notre expédition à lundi. Il ne sera donc pas utile de se lever au milieu de la nuit cette nuit. Je me réveille pour donner mon avis : mieux vaut repousser notre expédition et êtres sûrs. Ces quelques minutes de sommeil m’ont fait du bien. Tout va pour le mieux même.

Je peux me rendormir tranquillement pour une bonne nuit de sommeil à Beijing.


Vendredi 5 Septembre : Pour moi aussi, c’est la braderie !

Ce matin, je me réveille un peu excitée. Ce soir, c’est le départ pour Pékin. Au milieu de mon appartement, trône le sac de courses Carrefour que j’ai rempli hier de mes affaires pour partir. Je procède à mes multiples revérifications habituelles. Puis je me focalise sur le principal : passeport, sous, téléphone, clé, I-Pod, appareil photo (avec carte et piles). Je n’ai rien oublié, c’est bon.


Je sors donc avec mon gros sac sous le bras. Dans le bus, il y a plus pratique que de se balader avec ses affaires pour trois jours. Je suis donc heureuse de trouver une place pour m’asseoir. Je vais jusqu’à sortir mon bouquin. Comme d’habitude, quelque chose m’arrache de ma lecture : ce n’est qu’un homme d’affaire qui vient de me jeter sa mallette dans la tête. Je ris de tout ça désormais.


Ce matin, j’ai pas mal de boulot. Je m’affaire de toutes parts, motivée par les staff sales d’une part et Beijing d’autre part.


Je me joins à Annie et Tracy pour déjeuner. Nous allons dans le restaurant « italien ». Tracy et moi commandons des pates. J’y vois une bonne occasion de lui apprendre à manger avec la fourchette et la cuiller. Non, ce n’est pas une revanche sur les baguettes. Disons que c’est un échange culturel. C’est toujours bien de savoir manger des deux façons. Au départ, ce n’est pas gagné puis elle s’y met très vite. De temps en temps, nous rencontrons le même problème : nous enroulons beaucoup trop de pates autour de la fourchette. Un dilemme se pose donc : mettre tout dans la bouche et espérer que personne ne nous pose de question pendant deux minutes, le temps de tout mastiquer, ou réduire la dose en prenant le risque de tout mettre à côté.


Je quitte les filles pour aller me chercher un sac à dos. Je mène une réelle étude comparative à l’étage sport. Vitesse grand V. Finalement, je choisi un sac assez grand (qui me permettra de ramener en France ce qui ne rentrera pas dans ma valise), pratique avec plein de petites poches (pour éviter de chercher mon passeport pendant dix minutes à chaque fois qu’on me le demande) et pas cher (7 euros, pas de commentaire). Bon d’accord, c’est la marque Sketchers et ça me fait affreusement penser à Britney Spears. Mais le fait que son premier voyage soit Beijing suffira je pense à gommer ce défaut. Lorsque je remonte au bureau, je transvase mes affaires. Prête à partir !


Nous préparons les staff sales. Staff sales ? La vente de tous les échantillons qui ont servis à produire les collections passées. Le personnel en bénéficie. Chaque employé peut proposer à deux amies de venir plus tard dans l’après-midi. Les produits invendus sont donnés à une association caritative. Je suis impatiente de voir ce que cela peut donner. Je déverse des cartons entiers d’accessoires et de pulls sur des tables. Puis lorsque tout est prêt, le coup d’envoi est donné. Go !


J’avais repéré quelques écharpes et un pull. Je les prends. Chaque fille a son carton et va y mettre les affaires qu’elle a choisies. Pour les lunettes de soleil, je n’ai pas trop de concurrence. Nous rigolons beaucoup car je m’aperçois que nous n’avons vraiment pas le même nez. Ces lunettes sont faites pour être portées par des occidentales. Elles ne vont pas du tout à mes collègues chinoises. En fait, elles tiennent toutes seules sur leurs arcades. Ce qui donne un effet très…spécial.


Toutes les phrases prononcées lors de cette après-midi sont ponctuées de hao kan (très beau) ou de bu hao kan (pas beau), de wo xihuan (j’aime) ou de bu xihuan (je n’aime pas). Je finis par acheter une quantité impressionnante de choses pour la taille de ma valise. Je pense que je me trouverai confrontée à un problème logistique lorsque viendra l’heure de faire mes bagages. Mais pour le moment, l’insouciance me gouverne, mon côté féminin a pris le dessus sur tout le reste. Au pire, je porterai toutes ces affaires sur moi. Pas besoin de les mettre dans ma valise dans ce cas. Cette décision fait beaucoup rire Emilia. Lorsque je passe à la caisse, le prix est dérisoire comparé à tout ce que j’ai acheté.


Les filles elles aussi se sont lâchées mais n’étant pas limitée en volume, elles amènent des cartons entiers, emplis de manteaux, de pulls, d’accessoires.


Je me remets au travail pour le reste de l’après-midi. Mon carton plein est à mes pieds. Sentiment de satisfaction. Je finis l’après-midi par une discussion MSN avec Fa.


A 18 heures, j’éteins mon ordinateur, je prends mon sac, revérifie que j’ai toutes mes affaires, dis au revoir à tout le monde. C’est parti pour l’aventure. Je reconfirme la gare à Marie puis direction Shanghai Railway Station. J’y suis en avance. Marie appelle : elle aura du retard par rapport à ce qui était prévu. Pas de panique, nous avions vu large. Puis re coup de fil : elle aura vraiment du retard et a failli se tromper de gare. Au pire, si elle n’arrive pas et que j’estime qu’il faut que j’y aille, je dois partir sans elle, me dit-elle. Ce n’est pas le meilleur des scénarii. Petit coup de stress donc. Finalement, elle arrive à temps et nous nous dirigeons ensemble vers le train de nuit qui doit nous emmener à Beijing.


Contrôle des sacs, des billets. Traversée de la gare, bousculade puis enfin le quai. Re vérification des billets puis nous trouvons notre chambre. Elle est composée de quatre lits. Deux en haut, deux en bas. Sur les lits du bas sont déjà installés deux jeunes hommes. Nous posons nos affaires sur les couchettes du haut. Comment monter ? Voyant que nous sommes un peu empotées devant nos lits, nos compagnons de chambre nous montrent deux marches pieds qui nous permettent de nous installer là-haut. Aucune de nous n’a pris de diner. Nous comptons sur la nourriture ferroviaire. Y’a-t-il un wagon bar ? Ce sera la première expédition aventureuse de ces trois jours. Les wagons semblent être condamnés entre eux tant que le train n’a pas démarré. Nous revenons dans la chambre, brecouilles (comme on dit dans le Bouchonois), espérant qu’une petite dame avec un chariot vienne à la rescousse de nos estomacs affamés.


Chacune dans notre lit, nous installons nos affaires. Les chinois en dessous semblent avoir tout prévu pour le voyage : diner, thé. Ils ont même des pantoufles. Ha oui mais les pantoufles, c’est pour tout le monde. Ils nous donnent les nôtres. Marie a l’air d’être comme moi et de tout vouloir garder : nous les mettons donc dans nos sacs. Le tant attendu chariot arrive enfin : cela semble très bon. Deux s’il vous plait.

Parfait.


Nous nous demandons quelques instants comment manger cette nourriture contenue dans une assiette en plastique souple. Avec des baguettes en plus. En attendant de trouver une solution, premières photos. Le voyage s’annonce très bien. Nous sommes enchantées toutes les deux.

Nous discutons en mangeant. Je ne fais donc pas trop attention à la composition de mon plat. Du riz, de la viande et une espèce de mélange de tofu, de légumes et…de cacahuète. Je me rends compte de ça un peu trop tard lorsque je croque dans le fruit à coque défendu. Il faut dire que ces deniers temps, j’avais un peu baissé mes gardes, pensant ne plus être allergique. Fausse alerte. L’allergie est toujours là. Picotements de plus en plus aigus. Je crache, la grande classe. En même temps, en Chine où le crachat est presque une institution, je ne me sens pas très mal à l’aise.


Puis, je suis les conseils de Marie qui voit que je commence à paniquer. Elle me dit ce que me disent les voix qui raisonnent dans ma tête : « me calmer, ne plus y penser ». Cependant c’est plus fort que moi. De plus, je sens mes lèvres qui gonflent.


Il faut dire que je voyage avec la bonne personne : Marie a fait son stage dans une entreprise de rapatriement. Nous appelons donc Bertrand, son boss, médecin. Conseils : respirer et ne pas paniquer, repérer les manettes pour arrêter le train s’il le faut, ne pas arrêter le train dans la campagne (ça ne sert à rien, les ambulances auront du mal à accéder). Les deux derniers conseils annihilent complètement le premier. Puis : trouver des occidentaux et leur demander des anti-staminiques. Chose rassurante : s’il ya le moindre souci, en cas d’arrêt du train, la compagnie se charge d’appeler les secours. Merci pour tous ces conseils. Ils m’aident à me calmer.


Partons donc à la recherche d’anti-staminiques. Nous trouvons des français qui n’ont rien. Puis, dans une chambre, miraculeusement, un anglais sort de son sac à dos du Zyrtec. Quatre cachets. J’en prends deux et dormirai avec les deux autres dans la main. La panique retombe peu à peu quand je sens mes lèvres dégonfler. Bertrand prend des nouvelles de la situation. Ceci me rassure et je le remercie de tout cœur.

Voilà qui commence bien le voyage….nous retournons nous remettre de nos émotions dans la chambre. Puis direction le wagon bar. Nous avons bien mérité une petite boisson. Ambiance très sympa. Des policiers sont accoudés au comptoir. Nous discutons.


Puis les anglais arrivent pour manger. Inquiets ils prennent de mes nouvelles. Pour le moment, pas de signe négatif. Juste quelques picotements dans la gorge. J’essaie de ne pas y penser. Ils se joignent à nous et nous finissons la soirée ensemble. Je ne suis pas très concentrée sur la conversation. Nous les retrouverons demain sur le quai et irons certainement dans leur auberge de jeunesse car nous n’en avons pas réservée.


De retour dans la chambre, nous constatons que nos deux colocataires ne dorment toujours pas. Contrairement à la majorité du train qui s’est assoupie sur les coups de 21 heures. Nous papotons encore puis extinction des feux.


Je me réveille plusieurs fois dans la nuit, les mains collées sur le visage, vérifiant l’état de mes oreilles et de mes lèvres. Finalement, c’est toujours pour constater que je n’ai pas gonflé et que je suis bel et bien en train de respirer. Vive la vie !

jeudi 4 septembre 2008

Jeudi 4 Septembre : Billets de train et billets tout court.

Ce matin, le bus a énormément de retard. Je ne stress pas, tant pis. Je n’y peux rien et j’arriverai en retard. Ici de toute façon, on comprend assez bien qu’il puisse y avoir des problèmes dans les transports.


Je trouve miraculeusement une place assise après avoir stationné un bon bout de temps sur la marche de l’entrée du bus, collée aux portes. Lorsque j’ouvre mon livre de chinois, non seulement je suis contente d’apprendre des nouveaux mots mais je fais aussi le bonheur de mes deux voisines. Elles se mettent à lire avec moi. L’intimité est un concept totalement inconnu ici. Je ne dis pas que je revendique le droit à mon espace personnel dans le bus. Mais il faut que je précise que les deux dames se penchent chacune par-dessus mes épaules…Vive la promiscuité.


Comme prévu, je suis en retard. Mais Ada me dit qu’elle vient d’arriver. Donc pas de souci. Ce matin est le premier matin où je ne m’arrête pas de travailler. Toujours autre chose à faire. Annie remarque que j’ai laissé un morceau de gâteau sur mon bureau. Il faut faire attention, ensuite les animaux arrivent. J’ai l’impression que j’ai effrayé tout le monde ici avec cette histoire de big animal.


En fin de matinée, je demande une fois de plus l’aide d’Emilia. Cette fois c’est pour mes billets de train pour Beijing. Je ne lui demande que l’endroit où je peux les acheter mais en deux temps trois mouvements, elle met Juliana sur le coup. Je n’ai pas besoin de m’inquiéter, les billets seront livrés cette après-midi.


Ce midi, nous allons manger des pates. Je suis bien tentée de reprendre la même chose que d’habitude mais cette fois, un peu de place pour le changement. Je me lance dans une spécialité de je ne sais plus où. Délicieux. Je case des mots de chinois de temps en temps dans la conversation. Les filles m’apprennent un nouveau mot : « cong ming » qui signifie « intelligent » ou intelligente selon les cas… Oui, j’aime me lancer des fleurs (à lire sur le ton d’Hubert Bonnisseur de la Batte).


Nous retournons au bureau et je retrouve mes mails, mes échantillons, mes fournisseurs qui m’assaillent de demandes, mes acheteurs qui ne répondent pas. En fait, voilà, je découvre la vie d’un merchandiser. « Enfin !» ais-je envie de m’exclamer. Mais mieux vaut tard que jamais. Je regrette toutefois les cessions Wikipédia où j’apprenais un tas de choses utiles et intéressantes.


Mes billets de train sont directement apportés par un coursier. Je vérifie douze fois qu’il s’agit bien du bon jour et de la bonne heure. Parfait. Je suis trop heureuse et trop impatiente de découvrir enfin la ville de Pékin qui est un peu devenue un mythe pour moi. Etant donné que je me suis demandée jusqu’au bout si je pourrai y’ aller ou non, je suis très contente de tenir ces billets dans ma main. Voyage en train couchette. Je demande à Emilia si cela ne risque rien. Elle me répond qu’il faut bien évidemment que je dorme avec mon portefeuille près de moi. Heu oui oui bien sur. Là j’imagine le pillage des trains comme à l’époque des Cow Boys dans le far West. Non non, sinon, pas de souci pour la personne. Il ne m’arrivera donc rien. Celui qui peut avoir peur, c’est mon portefeuille apparemment.


Aujourd’hui est jour de fête. Je reçois mon salaire du mois d’Août.


A 18 heures, je prends le métro pour rejoindre Anne à l’agence de marketing. Cette fois, je mets beaucoup moins de temps qu’avec le taxi et donc j’arrive presque à l’heure. Je peux comparer les réactions des clientes d’hier avec celles d’aujourd’hui. Ce n’est pas du tout la même chose.


En sortant à 21 heures 30, je me refais une mission : « cherchons un sac à dos ». La situation devient plus que critique. Il me le faut pour demain impérativement. Je ne trouve que des modèles hors de prix. Finalement, je l’achèterai demain. A la dernière minute comme je sais si bien le faire.


Tous les magasins ferment à 22 heures pile. C’est assez incroyable de constater le changement d’ambiance aux alentours de cette heure. Les derniers clients comme moi se pressent pour réaliser leurs derniers achats, les vendeurs n’en peuvent plus et ne souhaitent qu’une seule chose : que nous partons. Jusque là, pas de grande différence avec ce que j’ai pu connaitre en France côté cliente ou à Munich côté vendeuse. Il y a quelque chose de plus surprenant. Ce quelque chose relève forcément de la Shanghai touch. Dans les rues, les ouvriers qui vont travailler toute la nuit arrivent avec leurs camions et leurs outils. Ils attendent que les temples de la consommation ferment pour les rendre encore plus attirants pour le lendemain. Sur les gros chantiers, les torches s’allument. Les hommes se reposent. Reposer est un terme trop faible car en fait, ils dorment dans les bennes de leurs camions, dans leurs brouettes ou simplement sur le sol.


Je me décide à prendre un taxi pour rentrer. Maintenant, je gère sans problème. Je fais des phrases et tout. Lorsque je parle, le chauffeur a un petit sourire amusé parce que je pense que ma prononciation a encore de bonnes lacunes. Mais il comprend et c’est l’essentiel. Désormais je peux leur faire croire que je parle bien chinois mais que là, ce soir, non je n’ai pas trop envie de discuter…


Petit détour par le Alldays où je me confronte à la lenteur de la caissière. Un des nombreux paradoxes de cette ville : les chinois se hâtent tous dans la rue ou dans le métro mais semblent oublier que le temps passe lorsqu’ils sont à la caisse d’un magasin.


Je monte dans mon appartement et trouve une facture glissée sous la porte. Puis un peu d’Internet. Je me plonge du bout des orteils dans l’Allemand d’Hugo. Souvenirs souvenirs…lointains souvenirs. Mais j’ai tout de même l’impression que les vieux réflexes reviennent vite. Je prépare mon sac pour Pékin et dodo !

mercredi 3 septembre 2008

Mercredi 3 Septembre : There is a big animal on my desk!

Hier soir je pensais que j’allais me réveiller plus tôt ce matin et donc que je pourrai lire un peu avant de partir au boulot…mais non. C’est le réveil qui me réveille. Je prends mon petit déjeuner en compagnie de « La pompe moderne ». Rien de mieux pour émerger qu’un bon fou rire.


Je sors de mon appartement, assez en retard car je m’aperçois que le rapport de visite dans l’usine que je dois rendre aujourd’hui a un problème. Il faut que je refasse deux paragraphes… A la dernière minute…


Je sors avec mon bouquin sous le bras. Je pense que je suis devenue totalement accroc. Le bus arrive plus tard que prévu. Ceci entrainant cela, j’arrive aussi plus tard que prévu au bureau.


En remuant quelques affaires sur mon bureau, je dérange un gros insecte étrange qui s’enfuie dans mes papiers. Je recule bruyamment ma chaise et dit à Ada : « There is a big animal on my desk ». Animal ? Pourquoi « animal » ? Il ne faut pas s’imaginer qu’un lion ou un éléphant est là, planté entre mes classeurs et mon ordinateur. Pourquoi « animal » donc ? Parce que sur le coup, je n’ai pas trouvé le mot « insect ». Curiosité chinoise oblige, l’insecte attire du monde autour de mon bureau. Faut dire que j’ai bien présenté la chose. Je le cherche puis l’écrase avec ma chaussure. Je suis une héroïne. J’ai tué la bête !


Ce matin, j’ai pas mal de boulot. Nous avons une réunion d’explication de REACH. Ce sont des nouvelles régulations européennes destinées à contrôler la qualité des importations. Le but est de protéger à la fois la santé des consommateurs mais aussi l’environnement. Les fournisseurs chinois doivent donc se soumettre à de plus en plus de tests. Nous apprenons que le texte officiel d’origine fait 700 pages en tout. Nous sommes donc tout de suite tentés de dire : « Ha la bureaucratie européenne ! » Cependant, je suis assez étonnée d’entendre que les régulations chinoises sont également très très pointilleuses. Si bien que lorsque des entreprises européennes importent des produits chinois puis les réexportent, elles rencontrent énormément de difficultés pour faire rerentrer les produits en Chine alors qu’ils en viennent à l’origine.


A la sortie de la réunion, Anne me dit que si je veux, les études marketing se déroulent à partir de 18 heures 30. Si je sors à l’heure du bureau, j’ai la possibilité d’y assister. En voilà une bonne nouvelle !


Vers 11 heures : petit en cas : une pâtisserie à l’ananas. Très goutue pour une fois. Je dis pour une fois car d’habitude les aliments sucrés ne sont pas top ici. Enfin, je trouve qu’ils ne sont pas top.


Ce midi, nous allons manger dans le restaurant que j’ai décidé de porter à la première place de mon hit des restaurants. Je sais à l’avance que je vais me régaler. Une décision en entrainant souvent une deuxième, je me suis dit qu’à partir d’aujourd’hui, je me faisais plaisir sur la nourriture. En fait, je ne vais pas changer mon comportement ni la quantité avalée à chaque repas jusque début octobre. Je ne suis encore là que pour un mois et je compte bien en profiter à tous points de vue.


En allant au resto, je dis aux filles que j’écoute pas mal de musique chinoise en ce moment. Forcément, elles me demandent ce que j’aime. Jasmine Leung fait partie du TOP 100 mais elles ne connaissent pas. Nous rigolons pas mal. Elles veulent me faire chanter. Ha non. Pas aujourd’hui. Pour deux raisons : la première c’est que je n’ai pas encore appris de chanson en chinois et la deuxième, c’est que je me réserve pour le prochain karaoké qui aura lieu normalement le soir de mon anniversaire.


Aujourd’hui, j’apprends à appeler la serveuse. En théorie ça se dit Fuyuan mais en pratique, ça se crie. Il faut dire que je n’ai pas tellement l’habitude d’hurler aux travers des restaurants… Les filles se marrent bien voyant que j’hésite. Puis elles me rassurent : ici, ça se fait. Pas de souci.


De retour au bureau, travail. Je touche à beaucoup de choses maintenant. Je me retrouve confrontée à de nouveaux problèmes. En même temps dans ce métier, j’ai réellement l’impression que chaque cas est unique. Ce n’est pas qu’une impression d’ailleurs. L’improvisation est assez difficile et j’ai toujours besoin d’aller poser mes questions à Ada.


Pause Moon Cake. On m’avait dit que ce n’était pas super et très consistant. Le problème, c’est que j’oublie ça au moment où je prends une pleine bouchée du gâteau. Erreur. Erreur… Respirer et avaler puis aller chercher de l’eau et se rincer la bouche…


Au milieu de l’après-midi, internet lâche. Ce qui signifie plus d’MSN, plus de mails, plus de face de bouc. Bon, il faut dire que ces derniers temps, je n’allais plus trop consulter les deux derniers. Mais MSN, tout de même, cela reste de l’ordre du vital !


Puis les mails de l’entreprise sautent à leur tour. Nous sommes vraiment désolées. Nous ne pouvons plus travailler, quel dommage. Nous en profitons pour ranger des échantillons avec Ada. Nous essayons écharpes, bonnets, gants. Je vois une écharpe similaire à l’une des miennes. Je m’empresse de faire part de cette information capitale à ma collègue qui me répond sur un ton mi étonné, mi moqueur : « Ha bon, mais c’est une écharpe de garçon ça ! » Et bam ! Sur le moment, je ne sais que répondre. Je ne trouve que : « Ben non, moi je ne trouve pas. » Une réponse riche en contenu et pleine de répartie. Puis lorsque je lui dis que oui, elle a peut-être raison car en effet parfois je la prête à mon copain, elle est totalement étonnée.


Dans la série « Lâchons ce qu’on a sur le cœur sans se soucier de l’impact de nos paroles » : nous en venons à parler de ceintures et Ada me dit que les ceintures à la taille ne lui vont pas car elle a des poignées d’amour. Je lui réponds que moi aussi, j’en ai attrapé ici. Et de but en blanc elle me sort : « Oui oui, c’est vrai, j’ai remarqué. Fais attention, il faut quand même que tu restes mince ». Et re bam !


Un peu plus tard, alors que j’essaie un bonnet devant le miroir, je me mêle à une tergiversation concernant une chemise. Je dis que je la trouve pas mal. Explosion de rire parce qu’elles viennent toutes de dire d’une seule voix (chinoise, la voix) qu’elles n’aimaient pas la couleur. Nous en arrivons à la conclusion que nos points de vue différent car nous ne vivons pas sur le même continent. Leur couleur de peau étant plus jaune, il est vrai que chemise qui tire dans le jaune a un drôle d’effet. Puis rebelote, selon elles, cette chemise fait homme. Je ne trouve pas particulièrement et me lance dans une grande explication : ici, il y a vraiment une distinction permanente entre le style féminin d’une part et masculin d’autre part. Alors que chez nous, nous portons parfois des accessoires voire des vêtements de membres du sexe opposé. Lorsque je dis que je mets souvent les lunettes de soleil de mon petit copain, je suis réellement considérée comme une étrangère. Et re re bam !


Nous finissons notre après-midi à discuter. Puis je trouve « le solitaire » dans mon ordinateur. Les filles sont mortes de rire quand elles me voient jouer et me disent qu’elles n’ont rien vu, qu’elles ne diraient rien à personne.


A 18 heures, je vais demander mon salaire d’Août. Il n’est pas prêt. Tant pis, je dois passer la soirée avec 50 RMB. Je peux le faire !


Je prends un taxi direction l’agence de marketing dans laquelle se déroule les « Focus group discussions ». Dans le taxi, je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir mon bouquin. La fenêtre est ouverte car l’air s’est vraiment radoucit cette dernière semaine.


Un bruit qui m’est désormais malheureusement familier me tire de ma lecture : remontée nasale dans la camionnette d’à côté. Puis la suite logique : crachat. Je regarde l’auteur de l’incivilité avec un mélange d’incompréhension et de mépris. Lui me regarde satisfait. Je ne peux pas m’empêcher de lui dire « la classe ». Bien sûr il n’a pas compris mais la situation est assez amusante en fait.


De temps en temps, je jette un œil sur le compteur. Ca tourne, ça tourne. Je suis en pleine heure de pointe. Normalement je ne devrais pas dépasser les 50 RMB mais bon, c’est qu’il y a la question du retour et éventuellement la question de trouver à manger (chef). Finalement, j’en ai pour 34 RMB.


Je trouve mon chemin jusqu’ aux bureaux puis je me fais conduire dans une salle sombre de laquelle on peut suivre l’avancée du groupe. On y entre par une porte puis un rideau est accroché pour ne pas laisser entrer la lumière. Je m’installe derrière la vitre sans teint. Inspecteur Grimmer mène l’enquête. Dans la salle de l’autre côté du miroir se déroule une discussion de consommatrices animées par une employée de l’agence de marketing. Je mets un casque dans lequel un traducteur chinois-anglais me permet de suivre la conversation.


Cela dure trois heures environ. Extrêmement intéressant.


Anne me dépose en taxi vers 21 h30 devant chez moi. Puis soirée tranquille et dodo.

Mardi 2 Septembre : Un paquet pour moi !

Ce matin, ce n’est pas de gaieté de cœur que je me réveille. La perspective de retrouver le bureau ne m’enchante que moyennement. Pour émerger un peu et tenter de voir les choses du bon côté, je me connecte sur Deezer. Je tombe sur La Pompe Moderne. Je n’ai qu’un mot pour décrire ce phénomène : énormissime. Un gars qui reprend des chansons en mode Brassens. Ma préférée forcément : DJ de Diams. Je manque de m’étouffer tellement je rigole.


En descendant, je demande à l’accueil l’adresse de mon bâtiment. On me la donne et en prime, l’hôtesse me remet un paquet à mon nom. Je ne sais pas du tout depuis combien de temps il est là et s’ils m’auraient un jour prévenu de sa présence. Bref. Je me dépêche d’arriver à l’abri bus et de pouvoir m’asseoir pour ouvrir ce paquet. A l’intérieur : un CD (Sara Bareilles), une revue, des shamallows, une carte postale avec un proverbe chinois et des dessins de Margaux et Martin. Merci Véro et tonton Fred ! Voilà qui fait très très plaisir ! Je me sens beaucoup moins loin grâce à ce genre de petites choses. Avec ça puis internet, il est vraiment possible de voyager partout sans se sentir déconnectée.


Pas mal de boulot ce matin.


Ce midi, nous allons manger la nourriture épicée. Les filles me commandent toujours les aubergines. J’en raffole. Nous sommes assez nombreuses ce midi. Nombreuses veut dire beaucoup de plats, veut dire trop manger et veut dire aussi que l’addition par personne sera très légère. En Chine, plus on est, moins on paye. J’aime beaucoup ce principe qui favorise les grands repas et qui ne signifie pas sacrifice budgétaire.


J’annonce aux filles que je ne viendrai pas avec elles la semaine prochaine pour les fameuses activités de team building. Il faut dire que je suis un peu déçue tout de même car tout ça m’a l’air bien marrant. Enfin, il faut que voie le bon côté des choses : je bénéficie de deux jours de vacances. Vacances que je n’attendais pas. Une bonne surprise.


Cette après-midi, c’est réunion avec Annie et Ada qui m’expliquent l’avancement des dossiers dont je vais m’occuper ce mois ci. Je range tout ça dans des classeurs et me voilà de nouveau intéressée.


Ce soir, avant de retourner chez moi, j’appelle Arnaud pour voir s’il est dans le coin. Réponse : oui. En l’attendant, je mange quelques shamallows. Un peu de sucre est le bienvenu !


Nous décidons de manger à la chinoise. C'est-à-dire dans un restaurant chinois (je ne suis plus en boycott) mais cela signifie aussi que l’on mange à 18 heures 30. Nous testons un endroit qu’il ne veut pas essayer tout seul de peur de ne pas savoir comment tout ceci fonctionne. Finalement, l’organisation a l’air assez simple. Plateau, c’est la base. Puis ensuite, nous choisissons les plats que nous voulons. Nous trouvons les fameuses tomates à l’œuf.


Seul piège à la fin : on ne paye pas tout de suite. Non. Nous passons devant la caisse pour monter à l’étage mais nous paierons plus tard. Petites question à 10 Yuans alors : comment sauront-ils ce que nous avons mangé ? Réponse : une serveuse dans la salle fait le tour des tables et note ce que nous avons dans nos plateaux. Société de service. Ils en viennent même à inventer des postes pour augmenter le service. Intitulé du poste : serveuse qui note le contenu des plateaux des clients.


Assis et debout à la table derrière nous, trois hommes qui ne communiquent qu’en hurlant. Nous nous mettons à crier à notre tour. Cela nous fait beaucoup rire car personne ne se rend compte que nous faisons un bruit assez conséquent à nous tous seuls.


Je reviens chez moi assez tôt. Soirée posée. Je me plonge dans la lecture de Simone de Beauvoir. Puis je m’endors.

mardi 2 septembre 2008

Lundi 1 Septembre : Les joies de l’entreprise.

Après un bon weekend reposant, je me sens d’attaque pour commencer cette nouvelle semaine, ce nouveau mois, ce dernier mois…


Je ne suis toujours pas venue à bout de mon stock de céréales. Il faut dire que je me contiens…



Au bureau, ce matin, je suis assez occupée.


Ce midi, nous allons manger à trois avec Emilia et Tracy dans le petit restaurant de l’autre côté de la rue. Je me régale. Aubergines, vermicelles avec une petite sauce comme il faut… Je sens que cette semaine sera mauvaise pour la ligne. Je suis en prise de poids constante depuis que je suis arrivée. Il n’y a pas de risque d’explosion en vue mais tout de même. J’essaie de faire attention mais la nourriture est assez grasse ici en fait.


Nous allons ensuite faire un peu de shopping dans le centre commercial de l’immeuble du bureau. Puis à 14 heures, rendez-vous avec mon maitre de stage. Rendez-vous qui globalement ne se passe pas bien. Bref. Enfin, une chose est sure : à partir de maintenant, du boulot, je vais en avoir.

Ca commence cette après-midi. Je n’arrête pas et je ne sors pas a 18 heures pile comme à mon habitude. Ce mois commence en beauté.

Je finis par sortir et rejoins Xujiahui à pied où j’ai rendez-vous avec Emilie pour diner. Extrêmement de mauvaise humeur, je décide de boycotter tout ce qui est relatif à la Chine. Nous allons donc manger au burger King et en dessert : un cheese cake de chez Starbucks. Starbucks super sympa d’ailleurs : une terrasse sur Xujiahui, à l’heure où l’air se rafraichit. Je commence à avoir envie d’enfiler une petite laine le soir. Les beaux jours sont bientôt terminés. Le froid arrive et se manifeste d’abord par une fraicheur bien agréable. Profitons-en.


Pour finir en beauté notre soirée occidentale, rien de tel que le Zapata’s du lundi soir. Concentré de jeunes gens en stage ou qui bossent déjà sur Shanghai. Pas mal de français, beaucoup d’allemands (nous retrouvons d’ailleurs la bande de samedi soir). Ici, on communique dans toutes les langues. L’anglais est bien souvent massacré mais globalement, les gens s’en sortent. L’ambiance est plutôt sympa.



Je retourne chez moi sur les coups de minuit. La perspective d’une bonne nuit de sommeil me fait marcher plus vite. Arrivée dans mon appart qui sent bon grâce au linge qui sèche un peu partout, je prends une bonne douche puis me jette dans mon lit. Ne plus penser à rien.

lundi 1 septembre 2008

Dimanche 31 Août : Oisiveté quand tu nous tiens…

Ce matin, réveil vers midi. Une journée qui s'annonce riche en efficacité, en découvertes et en motivation. Petit déjeuner. Discussion sur MSN. Jusque là, rien de bien passionnant.


Puis activité qui m'occupe une bonne partie du début d'après midi : gratter mon vernis à ongles. Effectivement, je n'ai toujours pas trouve de dissolvant, Donc il faut faire avec les moyens du bord.


Puis re discussion sur Skype et MSN. Jai le droit de voir les nouvelles chaussures de Lyna, son pyjama Hello Kitty, son sac Hello Kitty... Accessoirement, j'assiste au réveil de Kim. "Elle mange une banane Ma?" Hé oui, elle mange une banane. Je suis allée me chercher des petites choses à manger. Il est 15 heures, c'est l'heure du déjeuner non? Cette journée ne ressemble réellement à rien.


Ensuite, c'est discussion Skype avec Maman en direct live de l'agence, sa deuxième maison. Je ne serais pas surprise si j'apprenais qu'elle a installé un lit dans la cuisine au fond et qu'elle a élu domicile rue du faubourg de Roubaix.


Dans la série conversation via internet arrive Fa. Petits morceaux de guitare en direct.


Je me plonge dans mon bouquin le reste de l'après-midi. Lorsque la nuit tombe, je suis toujours accrochée aux pages de Simone de Beauvoir.


Petite discussion avec Mamie qui est toujours aussi fidèle à mes aventures.


Mise à part le vernis à ongle a gratter, j'ai une mission aujourd'hui : récupérer mes vêtements dans la machine à laver d'Arnaud. Vêtements qui sont mouillés depuis hier soir. Nous décidons d'aller manger au Burger King, sans scrupules. Un bon hamburger au poulet avec les feuilles de salade qui dépassent, des frites salées et grasses, le tout arrosé de coca qui coule à flots... le rêve !


Je monte dans le bus pour le trajet de l'angoisse. Le chauffeur et chaud chaud chaud. Je n'ai même pas le temps de m'asseoir que je manque de voler au milieu du bus. Tout le monde se cramponne à ce qu'il peut, le tout avec une expression de lassitude sur le visage.


En marchant vers la boule de Xujiahui dans laquelle se trouve le Burger King, unique objet de mes pensées pour le moment, il m'arrive quelque chose qui, je pense, ne peut arriver qu'en Chine. J'écoute mon I-Pod, volume à fond pour couvrir le bruit de la ville. Je veux doubler une nana qui marche d'une façon assez étrange en balançant les bras d'avant en arrière. Son bras se prend dans mon fil, arrache les écouteurs de mes oreilles et en casse un... Voyant cela, elle produit simplement un petit rire. Pas d'excuse, ça ne sert à rien et puis OUI, moi aussi je trouve ca super drôle. J'arrive à rafistoler un peu l'oreillette mais je pense qu'elle ne fera pas long feu...


Arnaud arrive avec mon sac de linge. La classe. Nous entrons au Burger King. Deux euros le menu. Ca va, c'est raisonnable. Il est déjà 21 heures donc il n'y a plus personne dans les restaurant. Seulement quelques occidentaux qui comme nous s'accordent un "retour aux sources".


De retour chez moi, je cherche de la musique chinoise sur internet. Je connais déjà quelques chansons et je rêve d'en apprendre une par cœur. C'est assez difficile de trouver les traductions en Pinyin mais je ne baisse pas les bras.


Un peu de lecture pour finir cette journée de glande absolue. Et dodo.